C’est une fin de mandat mouvementée que vit, depuis quelques temps, l’actuel président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina.
En effet, Akinwumi Adesina est amené à faire face à une fronde interne ouvertement soutenue par le président américain, Donald Trump. Malgré une disculpation par une enquête interne, après des plaintes d’abus de pouvoir et autres dossiers de favoritisme avec la notamment de nominations de proches, Washington n’en démords pas.
Le président Akinwumi Adesina est appelé à subir les fourches caudines US, en subissant une nouvelle investigation indépendante. Pour rappel, Akinwumi Adesina a été disculpé une première fois par une enquête interne. Mais Washington réclame une nouvelle investigation indépendante.
Dans une lettre datée du 22 mai, le secrétaire d’Etat au Trésor, Steven Mnuchin, rejette clairement les conclusions de l’enquête interne qui a blanchi A. Adesina et demande de nommer un enquêteur extérieur pour élucider l’affaire. Laquelle a démarré par un conflit entre A. Adesina, ancien ministre nigérian de l’Agriculture, et David Malpass, nommé président de la Banque mondiale en 2019 par le président américain, Donald Trump.
Selon certaines sources dignes de foi, ‘‘Avant sa promotion, le conservateur américain occupait le poste de sous-secrétaire au Trésor au côté de Steven Mnuchin. Le nouvel homme fort était déjà connu pour ses critiques envers les organisations multilatérales de développement ».
A son arrivée à la Banque mondiale, il a d’emblée accusé la BAD d’alourdir l’endettement de pays africains. Réponse du président de la BAD : «La Banque mondiale est davantage responsable de la dette du continent et, sans ses programmes, celle-ci n’aurait plus de raison d’être.»
Pour rappel, un groupe de lanceurs d’alerte a accusé, depuis l’intérieur de l’institution, le Nigérian d’abus de pouvoir, notamment de nominations de proches. Sous la pression des Etats-Unis et d’autres actionnaires, le Comité d’éthique de la BAD a été chargé de faire la lumière sur les accusations.
Les conclusions publiées début mai ont disculpé le président Adesina. Trois jours plus tard, les lanceurs d’alerte sont revenus à la charge et réclamer une nouvelle enquête indépendante. Demande reprise par S. Mnuchin ce week-end. La balle est maintenant dans le camp du Conseil des gouverneurs. De nombreux pays ont déjà apporté leur soutien à la demande américaine.
Le président Adesina connu pour son franc-parler et qui a préservé la notation AAA de Moody’s à la BAD, est candidat à sa propre succession. Les Etats membres se prononceront sur cette candidature unique fin août. L’affaire se complique puisque le candidat doit obtenir la double majorité, tant chez les membres africains que chez les extra-régionaux.






























