‘’Aux grands maux les grands remèdes’’, serait-on tenté de dire. Face à la pandémie du Covid – 19, les autorités gabonaises ont défini une stratégie à la dimension de la menace.
Les priorités immédiates du gouvernement face à la pandémie du Coronavirus consistent à assurer les dépenses de santé nécessaires pour protéger le bien-être de la population, prendre soin des malades, freiner la propagation du virus, et assurer la disponibilité des fournitures médicales.
Ces objectifs requièrent environ 65 milliards de FCFA de dépenses supplémentaires (0,7 % du PIB) dans un contexte de forte baisse des recettes. Le gouvernement a également pris des mesures pour maîtriser les dépenses non prioritaires et rediriger les sommes épargnées (17 milliards de FCFA, 0,2 % du PIB) vers les dépenses liées au COVID-19. Tout comme, il entend réduire les dépenses en capital, financées sur ressources intérieures d’environ 40 % (1,0 % du PIB) par rapport à l’enveloppe budgétaire initiale.
Malgré ces efforts des autorités, un déficit budgétaire plus élevé sera nécessaire pour parer à l’impact des chocs. Ainsi, le déficit non pétrolier devrait atteindre 5,7 % du PIB non pétrolier contre une hypothèse de 4,2 % du PIB dans la loi de finances.
Après étude des sources de financement connues, dont le soutien attendu au financement de la balance des paiements en vertu de l’achat final envisagé au titre de l’accord élargi, les besoins budgétaires non couverts avoisineront 252 milliards de francs CFA, soit 2,8 % du PIB.
Les besoins de financement pourraient même être plus élevés, puisque les autorités envisagent encore des mesures, notamment des allégements fiscaux d’urgence et des subventions aux entreprises et aux ménages touchés. Cependant, les autorités doivent soigneusement évaluer l’intérêt de toute mesure fiscale envisagée.
Pour les matériels et fournitures médicaux (respirateurs, kits de test, masques, etc.), des politiques ciblées comme la réduction ou l’abrogation des droits de douane éventuels ou la baisse des taux de TVA pourraient être utiles, mais doivent être temporaires (instaurées avec des clauses de caducité automatique).
Pour aider les entreprises en proie à des difficultés de trésorerie, un report du paiement des impôts est approprié. Mais il convient d’éviter des mesures fiscales plus radicales ou permanentes. Il reste à chiffrer le coût des mesures ciblant les entreprises et les ménages et à évaluer soigneusement leurs impacts afin d’éviter tout effet excédentaire. Ces mesures doivent aussi demeurer temporaires.
Avec le FMI






























