Deux mois après l’arrivée du Covid-19 en Afrique centrale, l’impact macroéconomique de la crise sanitaire est déjà perceptible. Les mesures prises par les gouvernements de la CEMAC pour ralentir la propagation du coronavirus affectent négativement certains secteurs.
A l’image de la plupart de leurs voisins du continent, les pays d’Afrique centrale ont rapidement mis en place des mesures visant à ralentir la diffusion du Coronavirus. Cette réponse a très probablement contribué à limiter la propagation du virus, aux côtés d’autres facteurs tels que la démographie (les personnes âgées de plus de 65 ans ne représentent que 3 ou 4 % de la population totale, contre environ 20 % en France).
Si l’hypothèse d’un bilan humain moins grave que ce qui avait été initialement anticipé se renforce, l’impact économique pourrait en revanche être considérable. Du fait de leur forte extraversion, les économies d’Afrique centrale sont durement affectées par la baisse de la demande internationale en matières premières, qui entraîne la baisse des cours, en particulier ceux du pétrole, premier produit d’exportation de la zone.
En outre, pratiquement un mois après leur mise en place, l’impact des mesures gouvernementales sur l’activité commence à se faire ressentir. Les secteurs hôteliers et de la restauration, de la distribution de boissons, des transports et du tourisme, sont les plus durement affectés. Trois ans après sa sortie de la récession (-1,6 % en 2016) à la faveur des programmes FMI conclus désormais avec l’ensemble des pays de la zone, la CEMAC connaitrait une nouvelle contraction de son PIB en 2020 à -1,5 % contre +1,8 % en 2019.
Le coup d’arrêt est brutal, alors que les prévisions établies en début d’année tablaient encore sur une croissance de 3,5 %. Le Cameroun, pays le plus touché de la sous-région du point de vue sanitaire, qui compte plus de 2 500 cas de contamination et une centaine de décès recensés devrait connaitre une contraction de son PIB en 2020 à -1,2 %, selon le FMI, contre 3,7 % en 2019. La RDC quant à elle, suivrait la même tendance qu’en zone CEMAC avec un taux de croissance du PIB à -2,2 % en 2020 contre 4 % en 2019.




























