Le dossier de la crise dans les régions anglophones du Cameroun a été au cœur des échanges, le 20 février dernier, entre le Secrétaire général de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale(CEEAC), Ahmad Allam-mi et le représentant spécial du SG de l’ONU, chef du Bureau sous régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale(UNOCA), François Louncény Fall.
A l’occasion, les deux diplomates ont fait un tour d’horizon de l’actualité brûlante de la région d’Afrique centrale et évoqué les rendez-vous à réaliser à court terme. Dans ce cadre, François Louncény Fall et Ahmad Allam-mi ont échangé sur la situation post-électorale en République du Cameroun. Notamment, sur le massacre d’une vingtaine de personnes, dont une majorité d’enfants, lors d’une opération militaire dans la partie anglophone du pays.
Pour le Secrétaire général de la CEEAC, qui soutient la position du gouvernement, ‘’il est impérieux que les commanditaires soient retrouvés et présentés à la justice afin qu’ils répondent de leurs actes odieux’’. Il en de même pour François Louncény Fall qui a martelé que ‘’l’ONU a réclamé aux autorités camerounaises une enquête « indépendante, impartiale et complète et que les responsables rendent des comptes ». Une mission tripartite CEEAC-UNOCA-UA devrait se rendre très prochainement à Yaoundé pour rencontrer le gouvernement à ce sujet’’.
Pour la bonne gouverne, le 14 février dernier, peu avant l’aube, des hommes armés – 40 à 50 portant tous des uniformes de l’armée et certains masqués, selon des témoignages recueillis par des travailleurs humanitaires, ont attaqué le quartier de Ngarbuh, dans le village de Ntumbo, puis ont tué par balle et brûlé des habitants. Selon l’ONU, qui a demandé une enquête indépendante et impartiale, 15 enfants dont neuf sont âgés de moins de cinq ans, font partie des 23 victimes, dans la partie anglophone du pays.
Ce conflit aux allures d’une guerre civile, aurait déjà contraint 650 000 anglophones à quitter leurs foyers, gardé 800 000 enfants hors de l’école, fait fuir 50 000 personnes au Nigeria, détruit des centaines de voilages et fait près de 2000 morts.































