La Commission de la CEMAC vient de publier, avec l’appui du Programme de sécurité sanitaire en Afrique centrale (HeSP-CEMAC) soutenu par la Banque mondiale, un rapport de situation épidémiologique au 28 juillet 2026 qui alerte sur l’accélération inédite de la 17ᵉ épidémie de Maladie à Virus Ebola (espèce Bundibugyo) en République Démocratique du Congo.
Bien qu’aucun cas n’ait été notifié au sein de l’espace communautaire, la sous-région fait face à un risque d’importation jugé très élevé pour la République Centrafricaine et la République du Congo, et élevé pour le Cameroun, en raison de la porosité des frontières et d’une transmission communautaire hors des chaînes de suivi à l’épicentre.
Face à cette situation marquée par un bilan de plus de 3 200 cas confirmés et 1 405 décès en RDC, ainsi qu’à l’absence de vaccin ou traitement spécifique immédiatement disponible sur le marché pour la souche Bundibugyo, le rapport préconise le déploiement d’un plan d’urgence régional de 6,09 milliards FCFA axé sur le renforcement du triage aux frontières, la surveillance aux points d’entrée et la dotation des laboratoires sous-régionaux en tests adaptés. Pour plus d’informations, consulter le rapport de la situation au 28 juillet 2026 sur le site web de la Commission :
Il convient également de noter que face à ce risque d’Ebola, la CEMAC a mis en place une réponse concertée face au risque d’Ebola. Les ministres de la santé des pays membres de la Communauté se sont réunis les 8 et 9 juin à Brazzaville dans le cadre d’une concertation régionale d’urgence consacrée à l’évaluation de la menace de la maladie à virus Ebola et à l’adoption de mesures coordonnées de prévention, de surveillance et de réponse.
Cette réunion, organisée à l’initiative du président de la Commission de la CEMAC visait notamment à évaluer le niveau de risque épidémiologique dans l’espace communautaire, à adopter une feuille de route des actions prioritaires de préparation et de réponse à Ebola, ainsi qu’à définir un cadre stratégique de mobilisation des financements d’urgence. Les participants avaient aussi convenu d’opérationnaliser davantage l’approche « Une seule santé » (One Health), qui repose sur une collaboration étroite entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale pour prévenir et gérer les épidémies.
Toujours dans cette dynamique, les États membres ont également été invités à poursuivre les efforts déjà engagés pour améliorer la surveillance épidémiologique, renforcer les capacités de diagnostic, former le personnel de santé et sensibiliser les populations aux mesures de prévention.
Parmi les priorités retenues figuraient le renforcement du contrôle aux frontières terrestres, aériennes et fluviales, l’amélioration des systèmes d’alerte précoce, la disponibilité des équipements de protection individuelle, le développement des capacités nationales de prise en charge des cas ainsi que le partage rapide des informations sanitaires entre les pays membres. À l’issue de la rencontre, les ministres ont adopté une série de recommandations destinées à harmoniser les protocoles de surveillance et de gestion des cas dans l’ensemble de la sous-région.


















