Réuni à Brazzaville au Congo depuis ce 25 et ce, jusqu’au 29 mai prochain, dans le cadre de ses Assemblées annuelles de l’année en cours, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a lancé son rapport, ‘’Les Perspectives économiques en Afrique 2026’’, ce 26 mai 2026. Ce document qui revient sur les performances et les contre-performances du continent attribue également des notes aux différentes économies africaines.
Scrutant l’Afrique centrale, où tous les pays sont soit, exportateurs de pétrole soit riches en minerais et en métaux, la BAD estime que croissance devrait progresser légèrement, de 3,6 % estimé en 2025 à 3,8 % en 2026, avant d’accélérer à 4,1 % en 2027. Selon elle, ce regain de croissance devrait concerner trois des sept pays de la région en 2026 et cinq en 2027.
S’agissant du Gabon, notamment sur l’évolution macroéconomique récente, l’institution bancaire panafricaine table sur un ralentissement de la croissance économique, passant de 3,4 % en 2024 à 2,7 % en 2025, principalement en raison de contractions de la production pétrolière (-2,9 %), minière (-2,1 %), de l’industrie du bois (-23,7 %) et des transports (-3,5 %).
Toutefois, tempère-t-elle, ce recul a été compensé par des hausses de la production dans les secteurs de la construction et des travaux publics (+ 25,4 %), des autres industries manufacturières (+ 8,8 %) et des services (+ 4,4 %), ainsi que par le raffermissement de la consommation totale et des investissements publics. L’inflation est restée modérée à 1,8 %, contre 1,2 % en 2024, grâce aux mesures prises pour soutenir le pouvoir d’achat.
L’assouplissement modéré de la politique monétaire de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a eu un impact limité, bien qu’il ait favorisé l’expansion des créances à l’économie, en particulier à l’État (+ 116,9 %). Cette tendance a accru l’exposition des banques au risque souverain dans un contexte de hausse des prêts non performants (de 9,28 % à 9,86 %).
Le déficit budgétaire s’est creusé pour atteindre 5,3 % du PIB, contre 3,8 % en 2024, sous l’effet combiné d’une politique expansionniste et d’une charge de la dette élevée, portant le taux d’endettement à 78,9 % du PIB et entraînant une nouvelle dégradation de la note souveraine du Gabon en décembre 2025. La balance courante est passée d’un excédent de 3,4 % du PIB à un déficit de 1,5 % du PIB malgré une baisse des importations (en recul de 5,6 %), en raison d’une diminution plus que proportionnelle des exportations (en baisse de 20,7 %), combinée à des déficits structurellement élevés des balances des services et des revenus.
Quant à l’évolution sociale, le taux de pauvreté a stagné, passant de 32,8 % en 2024 à 33,1 % en 2025, dans un contexte de faible croissance du PIB par habitant (0,6 % en 2025, contre 1,2 % en 2024). Le taux de chômage reste également élevé (20,2 % en 2025), en particulier chez les jeunes (36,3 %) et les femmes (28,6 %).



















