Dans sa récente évaluation de l’évolution récente de l’économie camerounaise, le Fonds monétaire international (FMI) renseigne que la situation macroéconomique globale est restée stable, cependant l’élaboration des politiques a été compliquée par les événements régionaux et les tensions électorales.
Selon l’institution de Bretton Woods, la croissance économique a ralenti. Malgré une amélioration de l’activité économique, portée par la vigueur du secteur tertiaire et de l’investissement privé, en début d’année, on estime que la croissance a ralenti à 3,1 % en 2025, conséquence des tensions post-électorales qui ont perturbé le commerce, les services et les investissements, et freiné la demande intérieure.
S’agissant de l’inflation, elle a continué de baisser, mais la diminution des réserves internationales a limité la marge de manœuvre pour un assouplissement monétaire au niveau régional. L’inflation moyenne s’est atténuée pour s’établir à 3,4 % en décembre 2025, sous l’effet de la modération des prix de l’alimentation et des transports.
Le 15 décembre 2025, la Banque des états de l’Afrique centrale (BEAC) a relevé son taux directeur de 25 points de base à 4,75 %, dans un contexte de baisse du niveau des réserves. La position budgétaire s’est affaiblie en 2025, annulant en partie les progrès réalisés en matière d’assainissement budgétaire.
Selon les premières estimations, le Solde primaire hors pétrole (SPHP) s’est détérioré, atteignant 2,6 % du PIB, soit plus que l’objectif de 1,4 % fixé dans le budget. Cette détérioration s’explique par la sous-performance des recettes non pétrolières et les dérapages des dépenses courantes, qui ont plus que compensé la faible exécution du budget d’investissement. Le stock d’arriérés a encore augmenté, alors que le budget 2025 prévoyait un apurement des arriérés égal à 1 % du PIB.
Autre détail, la position extérieure du Cameroun s’est affaiblie en 2025, et le déficit courant, qui s’est creusé sous l’effet, notamment, de la baisse des recettes d’exportation de pétrole, devrait atteindre 3,9 % du PIB après 3,3 % en 2024. Les avoirs extérieurs nets (AEN) ont terminé l’année 2025 globalement inchangés par rapport à 2024, résultat qui masque des fluctuations intra-annuelles importantes, notamment un recul au second semestre puis une stabilisation vers la fin de l’année grâce au financement extérieur aux conditions du marché.



















