Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), la croissance du Cameroun a été de 3,1 % en 2025. Ce qui est inférieur aux prévisions, étant donné que des troubles liés aux élections ont perturbé le commerce, les services et l’investissement. L’inflation a reculé à 3,4 %, en moyenne, jusqu’à la fin décembre 2025, sous l’effet d’une modération des prix des denrées alimentaires et des transports.
Les estimations préliminaires indiquent que la situation budgétaire s’est détériorée en 2025, avec un déficit primaire hors pétrole de 2,6 % du PIB, supérieur à l’objectif inscrit au budget de 1,4 % du PIB. Cette détérioration s’explique par des recettes non pétrolières inférieures aux attentes et un dérapage des dépenses courantes.
Quant au déficit courant du Cameroun devrait se creuser à 3,9 % du PIB en 2029 (contre 3,3 % en 2024), ce qui est en partie attribuable à une baisse des recettes tirées des exportations de pétrole. Les perspectives sont prudemment favorables, du fait de risques découlant de la dépendance du Cameroun à l’égard des exportations de produits de base dont les cours sont volatils, de problématiques liées à la politique budgétaire et d’incertitudes autour de l’action des pouvoirs publics dans la région de la CEMAC.
Selon les prévisions, la croissance devrait rebondir à 3,3 % en 2026, sous l’effet d’une hausse de l’investissement public, et l’inflation reculer à 2,9 %. Le déficit courant devrait se creuser à 5,3 % du PIB en 2026 du fait d’une baisse des cours du cacao.
À moyen terme, alors que la diversification de l’activité minière se concrétise, la croissance devrait atteindre 4,6 % et le déficit courant tomber à 4,0 % du PIB. Toutefois, des conditions de liquidité restrictives et des taux d’intérêt plus élevés au niveau mondial pourraient accentuer les risques pesant sur le financement à un moment où des amortissements importants arrivent à échéance.
La baisse de l’aide pourrait accroître les tensions budgétaires. Les perspectives de croissance sont plombées par la persistance de défis liés à la sécurité et au climat. Un nouvel affaiblissement des réserves internationales de la CEMAC pourrait renforcer l’incertitude et nécessiter des ajustements supplémentaires des politiques économiques.
Les effets de la hausse récente des cours du pétrole, liée au conflit au Moyen-Orient, devraient être maîtrisés à court terme. Les gains tirés des recettes pétrolières devraient en partie être effacés par les subventions au titre du régime des prix administrés, ce qui souligne la nécessité d’adopter un mécanisme de tarification automatique des combustibles, parallèlement à une aide ciblée sur les plus vulnérables afin de réduire les risques budgétaires.
De même, on s’attend à ce que l’amélioration du compte courant soit partiellement contrebalancée par la baisse des cours du cacao, compte tenu de l’importance des produits non pétroliers dans les exportations du Cameroun.



















