L’espoir entretenu par le Gabon dans la fabrication des médicaments avec l’usine, ‘’La Santé Pharmaceutique’’ semble progressivement virer au cauchemar. Cet emblématique projet pourtant présenté comme une prouesse chimique et scientifique censé résorber le stress pharmaceutique dont le pays fait face depuis des lustres, est aujourd’hui confronté à plusieurs défis d’ordre conjoncturel et structurel qui engagent désormais son ‘’diagnostic vital’’.
En effet, ’’La Santé Pharmaceutique’’, si aucune thérapie d’envergure n’est prescrite, file tout droit vers la banqueroute. Le joyau chimique situé dans la Zone industrielle de Nkok – 27kmde Libreville – qui fait pourtant office de laurier du Gabon dans la sous-région, en matière de fabrication des médicaments est très mal en point. Son bulletin de santé est inquiétant et consternant. Car, il révèle par exemple un stock de médicament de plusieurs tonnes, pour un coût de près de 700.000.000 de fCFA, menacé de péremption, faute de commande de l’Etat. Avec à la clé, un arrêt des activités assorti de près de six mois d’arriérés de salaires de tous les agents.
Pris dans cet engrenage et ne sachant plus réellement à quel saint se vouer, l’entreprise insinue tout simplement sa situation à un boycotte de ses produits de la part des distributeurs ainsi que des responsables chargés de veiller à la fourniture des médicaments dans les structures de santé du pays. Et ce, malgré leur conformité aux standards internationaux, avec par exemple la certification par l’Agence du médicament de ses produits.
Toutes les tentatives menées par nos équipes au niveau de l’Agence de médicaments et l’Office pharmaceutique nationale (OPN), afin de mieux apprécier la situation se sont soldées infructueuses. Mais en attendant, plusieurs questions fusent. Les produits ‘’made in Gabon’’ issus des laboratoires de ’’La Santé Pharmaceutique’’ serraient-il tout simplement sous-évalués, malgré leur tarifs sociaux et préférentiels, au détriment de ceux importés aux coûts prohibitifs ?
En outre, à qui pourrait réellement profiter la mise de la clé sous le paillasson de ‘’La Santé Pharmaceutique’’ ? Les lobbys de la distribution des médicaments dans seraient en train de sacrifier la santé des populations sur l’autel de leurs intérêts, au moment même où, le chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema implémente la souveraineté du pays sur tous les secteurs de production ?
Avec près de 40 produits (antibiotiques, antipaludéens, antiparasitaires, paracétamol…) pris en charge par la CNAMGS, cette usine gênerait-elle l’establishment pharmaceutique national, alors que les centres de santé publique croulent sous le manque du minimum nécessaire pour une prise en charge adéquat des patients ? Enfin, pourquoi toutes les démarches entreprises par la société auprès des autorités ainsi que les multiples visites de ces derniers se sont soldées infructueuses.
Qu’à cela tienne, l’heure est donc à une thérapie de choc pour sauver le grand malade. Avec cette alerte, les responsables de cette entreprise, pour sauver ce qui peut encore l’être, se tournent vers le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema dont la santé de sa population occupe une place importante dans son projet de société. « Nous lançons respectueusement cet appel de détresse à l’endroit du président de la République pour qu’il regarde de très près la situation de cette société stratégique. On a l’impression que ceux qui ont la charge de veiller à la fourniture des médicaments aux populations ont leurs intérêts ailleurs, d’où le désintérêt qu’ils affichent vis-à-vis de cette usine qui a la capacité de ravitailler en médicaments, toute le sous-région. Monsieur le président, sauvez notre entreprise pour que votre population ait accès aux médicaments fabriqués sur place », ont-ils indiqué.
Pour rappel, l’usine, « La Santé Pharmaceutique » a été inaugurée en novembre 2020. Elle a nécessité un investissement de près de 20 milliards FCFA, avec des installations ultramodernes. Elle est dotée d’une capacité de production d’un million de comprimés par jour (plus de 360 millions de comprimés par an), 200 000 gélules, 50 000 sirops et 20 000 pommades toutes les huit heures. Ce, fait d’elle, « la plus grande usine de fabrication de produits pharmaceutiques de la région Cemac, selon les experts. »


















