Le 23 mai 2026, Fitch Ratings a confirmé la note de défaut émetteur (IDR) en devises étrangères à long terme du Gabon à « CCC- » et la note IDR en monnaie locale à long terme à « CC ». Ces notations reflètent d’importants besoins de refinancement, des sources de financement limitées, une forte dépendance aux revenus volatils des hydrocarbures, une dette publique en hausse par rapport au PIB, ainsi que des déficiences persistantes dans la gestion des finances publiques.
L’agence londonienne estime que le déficit budgétaire du Gabon a atteint 12,2% du PIB en 2025 sur la base des engagements, principalement en raison d’une forte hausse des dépenses en capital à 11% du PIB, bien au-dessus de la moyenne annuelle sur cinq ans de 2,7% en 2024.
En outre, il a été en partie financé par une accumulation significative d’arriérés représentant 4,8% du PIB, ce qui se traduit par un déficit de trésorerie de 7,5% du PIB. Fitch prévoit des déficits budgétaires d’environ 6% du PIB en 2026 et 2027, en supposant une sous-exécution partielle des dépenses en capital par rapport à des objectifs ambitieux.
Fitch estime les amortissements intérieurs à 11,6% du PIB en 2026 et à 15,6% en 2027, y compris les instruments à court terme. Les amortissements extérieurs sont estimés à 2,7% et 3,7% du PIB pour les mêmes années. L’essentiel du financement net proviendra d’emprunts extérieurs, dont le prêt commercial d’un milliard de dollars accordé par Trafigura et annoncé en avril 2026 constituera la principale composante.
Elle estime également que la dette publique est passée à 81,1% du PIB en 2025, contre 72% en 2024. L’agence prévoit que la dette restera globalement stable à 80,6% en 2026, la forte croissance nominale du PIB tirée par le pétrole compensant le large déficit budgétaire, avant de bondir à 87,6% en 2027 en raison de la baisse des prix du pétrole. Le stock d’arriérés reconnus par les autorités a augmenté à 3,8% du PIB fin 2025, contre 2,1% fin 2024.
Pour rappel, le Gabon a officiellement demandé un programme du FMI en mars 2026. Le ministère des Finances a lancé un audit de sa dette publique afin d’améliorer la transparence et de faciliter les échanges avec le FMI, cet audit devant être achevé d’ici fin juillet 2026. La croissance du PIB réel a ralenti à 3,2% en 2025, contre 3,4% en 2024, en raison d’une contraction de 2,9% de la production pétrolière.


















