La capacité de croissance de l’économie est limitée par des contraintes structurelles et par une combinaison de chocs extérieurs et intérieurs. La croissance du PIB réel oscille entre 3 et 4 % depuis une dizaine d’années, alors que l’objectif fixé dans la Stratégie nationale de développement (SND 30) du Cameroun est de 8 %.
La croissance par habitant reste en deçà de la moyenne pour l’Afrique. Le potentiel de croissance est freiné par la lenteur de la mise en œuvre des réformes. Au cours des programmes au titre de deux accords successifs avec le FMI, dont le dernier s’est achevé en juillet 2025, les réformes structurelles ont progressé lentement.
Si la plupart des objectifs quantitatifs ont été atteints et les examens menés à bien dans les délais, des difficultés persistaient en matière de gouvernance des entreprises publiques et de réforme de la GFP, malgré l’appui du FMI pour le développement des capacités.
La mise en œuvre de réformes complexes qui auraient entraîné des changements substantiels a subi des retards dus à l’environnement politique difficile, la nécessité d’établir des priorités, de définir un calendrier réaliste et de fournir un appui ciblé au développement des capacités devenant alors manifeste.
Autre détail tout aussi accablant. Le climat politique reste instable. Le mouvement indépendantiste dans les provinces anglophones et les attaques de Boko Haram dans le nord ont occasionné plus d’un million de personnes déplacées internes, s’ajoutant aux quelque 500 000 réfugiés en provenance de la République centrafricaine.
Par ailleurs, l’incertitude politique s’est intensifiée à la suite de l’élection présidentielle d’octobre 2025, lorsque le président Paul Biya a obtenu un huitième mandat dans un contexte de résultats contestés et de troubles généralisés. Aucun nouveau gouvernement n’a encore été annoncé, et les élections législatives et municipales, initialement prévues pour début 2025, ont été reportées.



















