Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment réévaluer ses dernières prévisions mondiales en très légère hausse. De ce rapport, l’on relève que les pays du sud du Sahara conservent pour l’essentiel une trajectoire de croissance claire avec une accélération à 4,4% l’an prochain contre 4,1% cette année.
A l’instar de la Banque mondiale dans son récent rapport Africa’s Pulse, le FMI reste modérément optimiste pour la situation économique de l’Afrique subsaharienne. C’est ce qui ressort de la dernière livraison semestrielle des Perspectives Économiques Régionales parue mi-octobre. Selon les économistes de l’institution de Washington, au sud du Sahara, la croissance économique atteindra 4,1 % cette année, soit le même niveau qu’en 2024, puis enregistrera un léger regain en 2026 à 4,4 %, à la faveur « des avancées constantes en faveur de la stabilité macroéconomique » et des réformes en cours dans plusieurs des principales puissances économiques de la région, notamment en Éthiopie et au Nigeria.
Des performances qui tranchent avec celles, par exemple, de la zone euro dont la croissance atteindra péniblement 1,1 % en 2026, selon la BCE. Pour rappel, selon les dernières prévisions du FMI, la croissance mondiale devrait ralentir, de 3,3 % en 2024 à 3,2 % en 2025 et 3,1 % en 2026. Elle devrait s’établir autour de 1,5 % dans les pays avancés, et juste au-dessus de 4 % pour l’ensemble des pays émergents et en développement. La résilience du sous-continent est d’autant plus remarquable que l’environnement mondial reste difficile, marqué par les divers conflits (Proche et Moyen-Orient, Ukraine…) et la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump.
Sur le continent, les pays dont le PIB présente une forte composante de ressources naturelles, ainsi que plusieurs pays touchés par un conflit (Soudan…), continuent de se heurter à de sérieuses difficultés, relève toutefois le FMI. Au plan régional, en Afrique de l’Ouest, l’UEMOA se distingue en étant la zone avec les plus forts taux de croissance, selon le FMI, avec 6,3 % cette année, 5,9 % en 2025 et 5,6 % en 2026.
La croissance en Afrique de l’Ouest est tirée notamment par le Sénégal et de la Côte d’Ivoire (6 % l’an prochain pour ces deux pays), sans compter celle du Bénin (7 %). À l’inverse, la CEMAC fait grise mine, avec seulement 2,8 % de croissance prévue en 2026, dont 1,9 % pour le Gabon. Poids lourd de l’est du continent, l’Éthiopie caracole en première place des prévisions avec 7,1 % de croissance attendue en 2026, en recul toutefois sur 2025 (7,2 %) et 2024 (8,1 %).
En Afrique de l’Est, le Rwanda affichera quant à lui +7,2 % l’an prochain, estime le FMI. Parmi les grandes économies du continent, l’Afrique du Sud affiche, comme ces dernières années, une très mauvaise performance, avec un PIB en hausse de seulement 1,1 % attendu en 2026, une amélioration cependant comparée au 0,5% de cette année.
De manière globale sur fond, les perspectives d’ensemble plutôt bonnes, l’institution dirigée par la Bulgare Kristalina Georgieva alerte : « la résilience dont la région a fait preuve jusqu’à présent ne saurait être tenue pour acquise. La plupart des pays y concentrent une multiplicité de facteurs de vulnérabilité, aussi bien sur les plans monétaire, financier, extérieur que budgétaire, ce qui compliquera leur réponse à de futurs chocs. »
Le durcissement des conditions d’emprunt extérieur est en particulier un domaine de forte préoccupation du FMI. Du fait de ses structures de production, l’Afrique subsaharienne reste globalement peu exposée aux tensions commerciales entre les États-Unis, la Chine et l’Europe. Elle est cependant néanmoins affectée par l’arrêt quasi total de l’aide publique au développement américaine (USAID), et par des mesures tarifaires ciblées sur certains pays (Maurice, Angola, Afrique du Sud, Tunisie, Algérie…). A ceci s’ajoute le non-renouvellement de l’AGOA (African Growth Opportunities Act), l’accord de préférence tarifaire sur la base duquel plusieurs pays, dont Madagascar, ont basé l’expansion de leur secteur textile.
Avec Classe Export



















