Selon le rapport sur la politique monétaire de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) couvrant le premier trimestre 2022, cette embellie du secteur des finances publiques a entrainé un redressement du déficit du solde budgétaire global, dons compris, à -1,5 % du PIB en 2021, contre – 2,0 % en 2020.
Au plan stratégique, l’on a aussi observé la variation du solde budgétaire en pourcentage du PIB. Il a découlé principalement d’une augmentation des recettes pétrolières et, dans une moindre mesure, des recettes non pétrolières, malgré la hausse des dépenses globales.
En effet, le solde budgétaire, base engagements, dons compris, en pourcentage du PIB, a reculé de 0,5 point en 2021, en relation principalement avec la hausse des recettes pétrolières (0,9 point), et non pétrolières (0,5 point), qui a plus que compensé l’augmentation des dépenses courantes (0,6 point) et en capital (0,2 point). Cette dynamique a été tempérée par les dons (-0,3 point). La hausse des recettes pétrolières est liée à la remontée des cours de pétrole brut malgré l’appréciation du FCFA.
De son côté, la dynamique des recettes non pétrolières a tiré profit des efforts entrepris par les Etats en 2021 dans la mobilisation des recettes fiscales, notamment avec la digitalisation accrue de la collecte des impôts et taxes dans plusieurs pays de la CEMAC, et l’arrimage de plusieurs entreprises informelles à la réglementation de change qui impacterait favorablement leur entrée dans l’économie formelle, notamment au Tchad.
S’agissant de l’orientation de la politique budgétaire de l’ensemble des pays de la Cémac, en 2021, elle est ressortie contracyclique et expansionniste. En effet, dans un contexte toujours marqué par la crise sanitaire de Covid-19, l’écart de production des pays de la Zone resterait négatif à -3,0 % en 2021, comme en 2020, et dans ces conditions le solde primaire corrigé des variations saisonnières ressortirait déficitaire à -0,1 % en 2021, contre -1,2 % du PIB en 2020.
Ainsi, l’impulsion budgétaire deviendrait positive en 2021, à 1,1 %, après -1,9 % en 2020. Dans la même veine, le solde budgétaire de référence est ressorti déficitaire à -3,5 % du PIB (au-dessus de la norme communautaire de – 1,5 % du PIB), après -2,0 % du PIB en 2020, indiquant les difficultés de certains pays de la Cémac à constituer une épargne budgétaire en 2021.
Dans ce contexte difficile, les pays ont mobilisé plus de tirages extérieurs, soit 2 105,2 milliards de FCFA, des allègements de dette extérieure de près de 291,4 milliards de FCFA et des ressources monétaires nettes de l’ordre de 929,5 milliards. Ces ressources leur ont permis d’amortir la dette extérieure à hauteur de 2 007,7 milliards de FCFA s et de se désengager vis-à-vis du système non bancaire pour environ 221,3 milliards de FCFA.
En conséquence, les indicateurs de l’endettement public se sont pour l’essentiel améliorés en 2021, avec un ratio du service de la dette publique sur les exportations de 14,6 %, contre 16,6 % en 2020, et un encours de la dette publique qui ressortirait à 49,2 % du PIB, contre 55,5 % du PIB en 2020.
A contrario, le ratio du service de la dette publique sur les recettes budgétaires est remonté à 29,2 %, après 28,4 % en 2020. Toutefois, il importe de relever qu’à fin décembre 2021, l’encours des titres publics (BTA et OTA) est ressorti à 4 650,1 milliards de FCFA, représentant 8,1 % du PIB de la sous-région.



















