A travers la récente évaluation de sa stratégie au Gabon, la BAD vient de faire le point sur son portefeuille projet en faveur du pays. Malgré de nombreuses insuffisances, la stratégie de la BAD enregistre également de précieux acquis.
Au titre de ceux-ci, l’on observe que le secteur de la gouvernance a enregistré une relative évolution. En effet, selon ledit rapport, l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), en collaboration avec la Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) a permis de restaurer la stabilité macroéconomique et de renforcer la gestion des finances publiques.
Toujours sur ce chantier, l’apport financier de la BAD a contribué à l’élargissement significatif de l’espace fiscal en particulier en 2017. Deux décaissements du Programme d’appui aux réformes économiques et financières (PAREF) pour un total de 400 MUC (environ 327,338 milliards de FCFA), ont représenté à eux seuls, 55% de l’ensemble des appuis budgétaires alloués au pays par les différents Partenaires techniques et financiers (PTF).
En outre, au terme de la mise en œuvre du programme PAREF en 2019, 16 des 19 mesures retenues ont été réalisées, deux sont en cours de réalisation, et une seule était partiellement réalisée. Ces différentes mesures ont permis de ramener en 2019 les dépenses courantes à un niveau inférieur à 21% du Produit intérieur brut (PIB) hors pétrole comme fixé dans le PAREF.
Cette tendance combinée à une augmentation modérée des recettes non pétrolières (qui est restée toutefois en deçà de la cible de 20% du PIB attendue en 2019) a permis de consolider la position budgétaire du pays avec un solde budgétaire base caisse redevenu positif à 1,5% du PIB en 2019.
La dette publique avait aussi amorcé une baisse passant de 64,2% du PIB en 2016 à 60,9% en 2018 avant de connaitre un rebond en 2020.
La Banque a appuyé, à travers le PAREF, le processus d’apurement des arriérés envers le secteur privé. Un plan d’apurement sur cinq ans (2018-2022), pour les entreprises ayant adhéré au Club de Libreville, est en cours.
Toutefois, l’amélioration du climat des affaires, la compétitivité et la diversification de l’économie restent des chantiers à poursuivre.
La Banque a appuyé, à travers le PAREF, le renforcement du cadre réglementaire des PPP, avec l’adoption en 2018 de trois textes d’application fondamentaux de l’ordonnance sur les PPP.
Malgré les résultats obtenus, le cadre de gestion des Partenariats publics privés (PPP) n’est ni complet, ni pleinement opérationnel.
La BAD déplore aussi le fait que le Gabon ne dispose pas de stratégie nationale, ni de liste exhaustive de projets PPP, d’où un manque d’articulation avec les autres investissements publics.
Autrement dit, l’appui de la BAD n’a pas suffisamment induit l’émergence des structures d’appui aux investissements et à l’activité économique.
Par exemple, le classement du Gabon au « Doing Business » présente une tendance à la détérioration au cours de la période 2013-2020, hormis l’amélioration de 2015 (144ème/189 pays).



















