Avant la mise en œuvre de ce nouveau programme, il importe de s’attarder sur le précédent accord signé le 19 juin 20217 et qui a expiré en juin 2020. Selon Bretton Woods, (siège du FMI), ce programme appuyé par le Mécanisme élargie de crédit (MEDC) a aidé l’économie gabonaise à se relever progressivement du choc pétrolier de 2014, mais des insuffisances dans la mise en œuvre du programme ont empêché la réalisation de ses principaux objectifs.
En effet, l’économie gabonaise était quasiment en récession à la suite du choc pétrolier de 2014. L’activité économique a ralenti, le déficit budgétaire et le déficit courant se sont creusés, et la dette publique a presque doublé entre 2014 et 2017.
Dans ce contexte, il a été décidé, conformément à la stratégie économique des autorités gabonaises, que le programme devrait permettre aux pays de réaliser trois objectifs majeurs : mener une consolidation budgétaire équilibrée dont l’impact sur la croissance serait minimale et qui protègerait les groupes les plus vulnérables ; mettre en œuvre des réformes structurelles budgétaires pour accroître l’efficience et la transparence des dépenses publiques et la gestion de la trésorerie; et enfin, mener des politiques destinées à renforcer la stabilité du secteur financier, le climat des affaires et la diversification économique.
En clair, le programme appuyé par le MEDC et le niveau plus élevé que prévu des prix du pétrole ont aidé l’économie gabonaise à se relever progressivement du choc pétrolier de 2014.
L’inflation est restée inférieure à sa cible. Le compte courant s’est amélioré plus que prévu, sous l’effet conjugué du dynamisme des exportations tant pétrolières que non pétrolières (en particulier du manganèse) et de la faiblesse des importations.
Le niveau plus élevé qu’attendu des prix du pétrole a contribué à maintenir la dette à un niveau légèrement inférieur aux objectifs et à accroître les dépôts des administrations publiques auprès de la BEAC au cours des deux premières années du programme, ce qui a également permis au Gabon d’alimenter les réserves régionales.
Les autorités ont apuré les arriérés de paiements extérieurs avant la première revue (mesure préalable). Cependant, elles ont presque immédiatement recommencé à accumuler des arriérés extérieurs jusqu’en mars 2019, date à laquelle elles les ont tous apurées et n’en ont quasiment plus enregistrées ensuite.
Le programme a également aidé le pays à attirer l’aide des bailleurs de fonds multilatéraux et à obtenir de meilleurs résultats en matière d’indicateurs macroéconomiques, facilitant ainsi son accès aux marchés internationaux des capitaux.
Cependant, certains objectifs du programme n’ont pas été atteints principalement à cause de la faiblesse de sa mise en œuvre. La croissance hors pétrole s’est redressée, mais moins que prévue. Malgré la faiblesse des dépenses d’investissement, le déficit budgétaire primaire hors pétrole a été plus important qu’anticipé en raison du faible niveau des recettes et du niveau élevé des dépenses courantes.
L’effet des mesures visant à maîtriser la masse salariale et les dépenses courantes a été en partie annulé par des dépassements budgétaires, concernant surtout les comptes spéciaux et les transferts aux entreprises publiques. L’apurement des arriérés intérieurs a également été nettement inférieur à ce qui avait été prévu dans l’échéancier initial envisagé au moment de la conclusion de l’accord.



















