Après la récession de 2016-2017, la croissance en 2018 a atteint 2,2%, tirée par la reprise des prix des produits de base, la production accrue de nouveaux gisements de pétrole et de gaz et les performances plus solides des secteurs de l’agriculture, de la fabrication et des services dans différents pays.
La croissance dans la sous-région de l’Afrique centrale devrait atteindre 2,5% en 2019 et 3,8% en 2020, grâce au raffermissement des prix du pétrole, à la hausse des investissements, à la création de nouveaux gisements de pétrole et de gaz et à la consolidation des mesures de diversification dans de nombreux pays.
Les principaux risques à la baisse qui subsistent sont notamment : l’inversion des prix du pétrole; faibles réformes fiscales; détérioration de conditions de sécurité déjà précaires (région anglophone du Cameroun, République centrafricaine, région du Pool du Congo, région du Lac Tchad); escalade des tensions sociales au milieu des élections; et un appui budgétaire moins important que prévu des donateurs.
En outre, plusieurs économies de la sous-région sont confrontées à des problèmes structurels, notamment l’instabilité et l’insécurité politiques, la dépendance fiscale vis-à-vis des recettes en produits de base, les investissements publics retardés, la vulnérabilité aux chocs climatiques, les environnements commerciaux difficiles, les institutions étatiques fragiles et la démocratie faible.
Le solde global des comptes extérieurs devrait continuer de s’améliorer, sous l’effet de plusieurs facteurs, notamment l’amélioration des prix des produits de base et des exportations. Le soutien découle également de la levée partielle de l’interdiction d’importer des diamants en République centrafricaine et d’une croissance relativement plus rapide des exportations de services (revenus du tourisme principalement) par rapport aux importations de marchandises à Sao Tomé-et-Principe.
Cependant, les réserves extérieures de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) restent en dessous des niveaux d’avant la crise et n’ont pas atteint les objectifs fixés en 2018, malgré la hausse des prix du pétrole. Les dérapages budgétaires de quelques pays expliquent en partie l’accumulation de réserves internationales plus faible que prévu en 2018.
Les prévisions actuelles à moyen terme laissent entrevoir des niveaux de réserves modérés, après que les réserves internationales se soient nettement dégradées depuis le début du choc pétrolier mi-2014 à fin 2016. Un niveau de réserves plus élevé renforcerait le rattachement du franc CFA d’Afrique centrale à l’euro et contribuerait à une position extérieure plus durable.
Sous la direction de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), la politique monétaire est restée relativement tendue depuis 2017, ce qui a contribué à réduire le déficit de la balance courante et à reconstituer la couverture des réserves, entre autres facteurs.
Un resserrement supplémentaire de la politique monétaire est attendu en réponse au retrait des mesures de relance monétaire par la BCE ou si les réserves restent à nouveau en deçà des objectifs. Pour Sao Tomé-et-Principe – le seul pays qui ne relève pas de la BEAC, mais dont la monnaie est également liée à l’euro -, le taux directeur est inchangé depuis juin 2017. En 2019, la banque centrale sera contrainte de maintenir le rattachement à l’euro.
L’inflation devrait rester contenue dans un contexte de croissance modérée et de resserrement de la politique monétaire
En 2019-2020, l’inflation devrait rester globalement proche du critère de convergence de 3% fixé par la CEMAC, à l’exception des hausses des prix des denrées alimentaires et du pétrole, des perturbations de la production agricole et des approvisionnements en général en raison de l’insécurité et de la suppression des subventions aux prix du carburant.
Comme les monnaies de cette région (le dobra à Sao Tomé-et-Principe et le franc CFA dans la CEMAC) sont indexées sur l’euro, le taux de change de la région va s’affaiblir par rapport au dollar, conformément à l’évolution de la zone euro.
Sao Tomé-et-Principe a réévalué sa monnaie (en la divisant par 1 000) en janvier 2018 et a maintenu son ancrage à l’euro, le remplacement de l’ancienne monnaie étant prévu pour la fin 2019, afin de faciliter les transactions mais également de lutter contre la contrefaçon. Les devises nationales devraient encore se déprécier légèrement en 2019, le resserrement monétaire se poursuivant aux États-Unis.
Il est important de noter que les sentiments anticolonialistes et l’épuisement des réserves de change depuis le krach boursier de 2014 ont relancé le débat sur les avantages du maintien du rattachement du franc CFA à l’euro dans certains pays. En particulier, on se préoccupe de plus en plus des contraintes de politique monétaire imposées par le rattachement lorsque des chocs asymétriques affectent des pays individuels.
En termes de politique budgétaire, toutes les économies d’Afrique centrale, à l’exception du Cameroun, ont poursuivi avec succès l’assainissement des finances publiques. Au Cameroun, des dépenses irrégulières pour les élections et la construction liées à la Coupe d’Afrique des Nations ont creusé le déficit en 2018.
Au Tchad et en République du Congo, le solde budgétaire devrait devenir excédentaire en raison de la hausse des prix mondiaux du pétrole pendant la majeure partie de 2018, la répression de l’évasion fiscale et l’amélioration de l’administration fiscale.
L’amélioration de la situation budgétaire dans la sous-région a également été favorisée par un engagement avec le FMI. Toutefois, bien que le déficit budgétaire de la sous-région ait été légèrement réduit en 2018, il est resté en dehors du critère de convergence de la CEMAC, à savoir 3% du PIB, et devrait se creuser en 2019.






























