C’est un véritable « Backhanded compliment’‘, ou compliment empoisonné que le blog DB-NEWS vient d’adresser au ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema. Dans son billet du 2 septembre 2026, sa responsable éditoriale passe en revue son parcours depuis son cursus académique, jusqu’à son entrée au gouvernement dans la foulée de l’arrivée au pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema, le 30 août 2023.
Après avoir salué un profil d’ingénieur solide — marqué par deux masters à l’Université Claude Bernard Lyon I en génie environnemental et en gestion des risques industriels —, la blogueuse remet vivement en cause la légitimité politique et la gestion administrative de ce cadre originaire du Woleu-Ntem.
Anne Marie Dworaczek-Bendome qualifie la trajectoire politique et administrative de Sosthène Nguema Nguema d’« ascenseur présidentiel », soutenant que sa présence au sein du gouvernement reposerait avant tout sur sa proximité avec le chef de l’État et son premier cercle. Elle soutient notamment que, « Ce qui propulse Sosthène Nguema Nguema vers les sommets du pouvoir ne tient pas seulement à ses années de militantisme dans l’opposition ni à son profil d’ingénieur. Son ascension s’explique par la proximité qu’il a cultivée avec Aurélien Mintsa Mi Nguema, frère du président Brice Clotaire Oligui Nguema, aujourd’hui ambassadeur du Gabon en Inde. Dans un pays où l’accès aux positions de pouvoir transite depuis des décennies par les réseaux familiaux et personnels du chef de l’État, cette connexion fraternelle constitue le véritable sésame de sa nomination au ministère du Pétrole en mai 2025, puis à celui des Mines en janvier 2026. Le mérite professionnel ouvre des portes ; la proximité avec le cercle présidentiel les déverrouille. »
L’auteure remet également en question la gestion financière du ministre. Elle insinue qu’un marché de 4 milliards de francs aurait été attribué sans appel d’offres durant son passage au ministère du Pétrole et du Gaz. Évoquant des mouvements de fonds suspects, elle pointe trois éléments : le versement de sommes par des compagnies pétrolières sur le compte d’un membre du gouvernement, la restitution directe des fonds par ce dernier et l’absence de saisine de la justice. Une séquence qu’elle juge problématique à plusieurs titres.
Pourtant, sur la question de l’attribution des marchés, la procédure réglementaire nuance cette interprétation. Conformément au Code des hydrocarbures, la gestion des fonds PID/PIH relève de la Commission paritaire de gérance (CPG), une instance collégiale réunissant des représentants de la Présidence de la République, du ministère du Pétrole, du ministère de l’Économie ainsi que des sociétés pétrolières. L’absence de mention de cette instance dans l’article laisse croire, à tort, à une immixtion personnelle et unilatérale du ministre.
Pour plusieurs observateurs, la résurgence de ces accusations — déjà abordées et clarifiées par le passé — s’apparente davantage à une campagne de dénigrement orchestrée qu’à une investigation rigoureuse. En écartant le cadre institutionnel et les mécanismes administratifs en vigueur, la publication semble privilégier le parti pris au détriment du travail d’information.


















