Le Comité national économique et financier (CNEF), réuni le 21 août 2026 à Libreville sous l’égide de la BEAC, a validé un taux de croissance avoisinant 4% pour 2026, porté par le ministre de l’Économie et des Finances Thierry Minko. La rencontre a réuni les principaux acteurs de l’économie et du système financier gabonais autour de la conjoncture nationale, du marché informel des devises et de la situation des établissements financiers.
À l’issue des travaux, le ministre de l’Économie et des Finances, Thierry Minko, a indiqué que la croissance de l’économie gabonaise se situe actuellement autour de 4 %. Cette performance apparaît supérieure à celle enregistrée à l’échelle de l’Afrique centrale, où la croissance moyenne est estimée à environ 2,5 %.
Le hors-pétrole devient un moteur de croissance
L’un des principaux enseignements de cette conjoncture réside dans la contribution croissante des activités hors pétrole. Les secteurs des BTP, de l’agro-industrie, de l’agriculture et des services participent activement à la progression de l’activité économique. Cette dynamique est également soutenue par les investissements engagés dans plusieurs secteurs stratégiques.
Le gouvernement mise surtout sur la transformation locale des matières premières pour renforcer la valeur ajoutée produite au Gabon. L’objectif est de réduire progressivement la dépendance à l’exportation de matières premières brutes tout en développant des chaînes de production susceptibles de créer davantage d’emplois et de revenus.
Le secteur minier attendu comme nouveau relais
Les autorités gabonaises affichent également des ambitions plus élevées pour les prochaines années. Le gouvernement vise ainsi une croissance comprise entre 5 % et 6 %, notamment grâce à la mise en œuvre de nouveaux projets structurants. La transformation des minerais devrait occuper une place importante dans cette stratégie. Le développement de ces activités industrielles pourrait permettre au pays d’accroître la valeur ajoutée générée localement, tout en stimulant l’emploi et les recettes économiques. Cette orientation s’inscrit dans la volonté du Gabon de diversifier davantage son économie et de renforcer les activités non pétrolières.
Un système financier jugé solide
Sur le plan financier, le CNEF s’est montré globalement rassurant. Les banques commerciales, les établissements de microfinance et les compagnies d’assurance présentent, selon les conclusions de la session, une situation jugée satisfaisante. Les éventuels ajustements nécessaires restent limités et font l’objet d’un suivi des autorités compétentes. Cette appréciation constitue un signal positif pour le système financier gabonais, alors que les établissements financiers doivent accompagner la transformation de l’économie et le financement des nouveaux projets.
L’accès aux devises reste un point de vigilance
La situation du marché des devises demeure toutefois au centre des préoccupations. Le CNEF a notamment examiné les difficultés rencontrées par certains usagers pour accéder aux devises et les conséquences du développement du marché informel des changes. Le ministre Thierry Minko a assuré que les autorités poursuivraient la surveillance de cette situation en collaboration avec la BEAC et les différents acteurs du secteur financier. L’enjeu consiste notamment à améliorer le fonctionnement du marché officiel des changes et à apporter des réponses durables aux contraintes rencontrées par les opérateurs économiques et les particuliers.
Une trajectoire économique à consolider
Avec une croissance actuellement estimée à 4 %, le Gabon affiche une dynamique supérieure à la moyenne régionale. La montée en puissance des activités hors pétrole, les investissements et la transformation locale des matières premières constituent les principaux moteurs de cette évolution.
Mais la réalisation de l’objectif de 5 % à 6 % de croissance dépendra de la capacité du pays à concrétiser ses projets structurants, à approfondir la diversification économique et à maintenir la stabilité de son système financier. Le suivi du marché des devises constituera également un élément déterminant pour préserver cette dynamique et renforcer la confiance des opérateurs économiques.
Pour rappel, le Comité national économique et financier est une instance nationale de concertation et d’orientation sur les questions économiques, monétaires et financières, présente notamment dans les pays de la zone CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale).



















