En sa qualité de président en exercice de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso, a convoqué un sommet extraordinaire qui se tiendra le jeudi 22 janvier 2026 ; la réunion des ministres aura lieu le 21 janvier.
Il convient de noter que les réformes économiques, réitérées lors des sommets extraordinaires de Yaoundé en 2019 et 2024, et recommandées par le Fonds monétaire international (FMI) ainsi que par la France – qui préfère se reposer sur le Fonds – progressent lentement pour 5 États membres. « Seul, confie un expert proche du dossier, un pays de la zone essaie autant que faire se peut de s’y conformer ». Inquiétude particulière pour la Guinée Équatoriale qui présente une baisse de 8 % de son budget pour l’exercice 2026 ; le Tchad montre également un recul budgétaire de 6 % pour la même année.
Tandis que le Congo et le Gabon demeurent les « moutons noirs » en matière d’endettement, avec des taux dépassant les 70 % du PIB, ce qui est au-delà de la norme de convergence communautaire. Le niveau d’endettement du Congo sur le marché des titres de la BEAC est très élevé, tout comme ses dettes bancaires ; en effet, l’État impose quasi obligatoirement aux établissements bancaires de participer au règlement des salaires de ses fonctionnaires. Une banque qui réclame plusieurs centaines de milliards de francs CFA à l’État est aujourd’hui sous pression. Par ailleurs, une mission de la COBAC se trouve déjà à Brazzaville depuis près d’un mois…
Accentuation de l’érosion de devises
Par ailleurs, fait constater notre source, l’érosion des devises est aggravée par l’achat de « goodies » de campagne en Chine par les présidents candidats dans les pays mentionnés (Gabon, Tchad, Cameroun, République centrafricaine et le Congo. Cette situation entraîne un non respect des mesures restrictives concernant l’utilisation des devises, lesquelles soutiennent nos importations et affectent la convertibilité du franc CFA dans le compte d’opérations hébergé au Trésor français.
Selon les projections de la BEAC et du FMI fin 2025/début 2026, la zone CEMAC devrait maintenir une couverture de ses importations supérieure à 4 mois, avec une estimation de plus de 4 mois à fin 2025 (autour de 4,25 mois). Le sommet extraordinaire à Brazzaville pourrait constituer le dernier rappel à l’ordre. Faute d’intervention décisive, les conséquences pourraient être significatives.



















