Au-delà de l’extension de la connectivité, les opérateurs cherchent de plus en plus à faire en sorte que les bénéfices du numérique profitent également aux populations encore hors ligne, tout en réduisant l’empreinte environnementale des infrastructures qui rendent cette connectivité possible.
Ils accordent ainsi une attention croissante à l’écart entre la couverture réseau et l’usage effectif d’Internet, qui demeure l’un des principaux défis numériques de l’Afrique. Ils sont aussi focalisés sur les enjeux liés aux coûts énergétiques et aux engagements de réduction des émissions de carbone, qui redéfinissent progressivement l’économie des réseaux.
Au cours de l’année écoulée, le secteur a intensifié ses efforts pour réduire ce déficit d’utilisation, dans le cadre d’initiatives ciblées visant les téléphones, le financement et les compétences numériques. En parallèle, il accélère sa transition vers les énergies renouvelables sur l’ensemble des sites de réseau, afin de réduire les coûts opérationnels, de limiter les émissions et de mettre en place des infrastructures plus résilientes.
Réduire la fracture numérique en connectant ceux qui ne le sont pas encore
En Afrique, près d’un milliard de personnes vivent dans une zone couverte par l’Internet mobile sans pour autant être connectées. Cette situation s’explique par plusieurs facteurs : le coût des appareils, le prix des données, un niveau limité de compétences numériques et, dans de nombreux cas, des barrières sociales profondément ancrées qui prédéterminent les personnes autorisées ou encouragées à accéder à Internet au sein d’un foyer ou d’une communauté.
La réduction de ce déficit d’utilisation représente un enjeu majeur pour l’inclusion numérique au sein du continent. Dans ce contexte, les opérateurs mobiles jouent un rôle de plus en plus central pour favoriser l’accès au numérique et encourager son usage effectif.
Financement des appareils, compétences numériques et normes sociales
En Afrique subsaharienne, l’accessibilité financière constitue la principale contrainte. Le coût d’un téléphone portable d’entrée de gamme connecté à Internet représente en moyenne 24 % du revenu mensuel dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, et peut atteindre jusqu’à 80 % dans certains cas.
À cela s’ajoutent le manque de connaissances et compétences numériques, qui constitue le deuxième obstacle majeur, notamment pour les personnes qui connaissent l’existence de l’Internet mobile mais ne l’ont pas encore adopté. Les enjeux de sûreté et de sécurité, en particulier le risque de harcèlement en ligne, freinent davantage l’adoption chez les femmes.
Par ailleurs, les normes sociales, notamment dans les communautés plus conservatrices, continuent d’influencer l’accès et le contrôle des appareils connectés au sein des foyers. Partout sur le continent, les opérateurs mettent en œuvre des actions en faveur de l’inclusion numérique. Les approches les plus efficaces combinent des mesures visant à rendre les terminaux plus abordables avec des programmes de formation aux compétences numériques, des initiatives de sensibilisation à la sécurité en ligne et des actions communautaires destinées à lever des freins qui ne relèvent pas uniquement du prix.






























