Le 16 juin dernier, le Groupe de la Banque mondiale et le Groupe de la Banque africaine de développement ont annoncé que la Mission 300 a connecté plus de 50 millions de personnes à l’électricité dans 40 pays — une étape majeure vers l’objectif de l’initiative d’atteindre 300 millions de personnes d’ici 2030. Cette Mission 300 fournit désormais l’accès à l’électricité à un rythme presque deux fois supérieur à celui enregistré au début de l’initiative.
En investissant sur l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique — de la production et du transport à la distribution au dernier kilomètre — elle a favorisé des progrès tant dans l’accès au réseau qu’hors réseau, connectant foyers, entreprises et institutions à l’énergie plus rapidement qu’auparavant.
À ce jour, le Groupe de la BAD et le Groupe de la Banque mondiale ont engagé près de 15 milliards de dollars de financement et attiré environ 4,5 milliards de dollars de cofinancement pour les projets liés à la Mission 300, tandis que d’autres partenaires de développement ont promis plus de 7 milliards de dollars en soutien au secteur énergétique africain.
L’approche unique de la Mission 300 modifie également les conditions dans lesquelles les investisseurs privés participent aux marchés énergétiques africains. En combinant des réformes gouvernementales avec des financements publics à plusieurs niveaux — y compris des subventions, des garanties et des prêts concessionnels — la plateforme réduit les risques pour les prestataires privés afin de desservir des communautés auparavant trop coûteuses ou difficiles à atteindre.
À ce jour, 30 pays ont lancé des Pactes nationaux pour l’énergie, des plans dirigés par les pays pour renforcer les systèmes énergétiques, étendre la production d’énergie abordable, développer les solutions d’énergie renouvelable, promouvoir l’intégration régionale et accroître la participation du secteur privé. Des pactes supplémentaires devraient être lancés par le Burkina Faso, la République centrafricaine, Djibouti, le Gabon, le Rwanda et l’Ouganda lors du Forum africain sur l’énergie cette semaine.
S’agissant du Gabon, les bases avaient été posées lors de la 10e édition de l’Africa Energy Market Place (AEMP) au mois d’avril 2026 à Libreville. L’événement avait été co-organisé avec le Groupe de la BAD, le gouvernement avec la participation de coorganisateurs, tels que la Banque mondiale, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), le Pool énergétique de l’Afrique centrale (PEAC), l’initiative Énergie durable pour tous (SEforALL) des Nations unies, l’Association des développeurs de mini-réseaux en Afrique (AMDA) et l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI). Il avait pour objectif de chercher les clés vers un accès universel à l’énergie dans le cadre de la Mission 300
Ce forum a réuni des décideurs politiques de haut niveau, des partenaires au développement et des dirigeants du secteur privé afin d’accélérer les réformes et les investissements nécessaires pour libérer le potentiel énergétique du Gabon et faire progresser l’initiative continentale Mission 300.
Lancé en 2018, l’AEMP est la principale plateforme de dialogue politique pour le secteur énergétique du Groupe de la Banque, opérant dans le cadre du Programme d’assistance technique au secteur de l’énergie en Afrique. Vingt-quatre pays ayant déjà rejoint cette initiative avant cette édition, le Gabon devient le 25e pays à participer à la plateforme.
Le forum de Libreville a ainsi constitué un espace essentiel qui a permis au Gabon d’aligner ses priorités énergétiques nationales sur la feuille de route de la Mission 300 et d’élaborer un Pacte national pour l’énergie solide, capable de mobiliser des investissements, d’accélérer les réformes et de garantir un accès inclusif à l’énergie.
« Notre expérience a montré que des réformes cohérentes sont le fondement de systèmes énergétiques durables. Ici, au Gabon, c’est exactement ce que nous avons constaté : une appropriation politique claire, un pacte énergétique cohérent et une détermination commune à transformer les plans en projets investissables. La participation du secteur privé n’est pas un simple complément de la Mission 300 ; elle est essentielle à son succès », a déclaré Kevin Kariuki, vice-président chargé de l’Énergie, du Climat et de la croissance verte du Groupe de la Banque africaine de développement.
Les participants ont mené un dialogue structuré autour des cinq piliers stratégiques du projet de Pacte national de l’énergie du Gabon : l’extension des capacités de production et la modernisation des infrastructures du réseau ; la mise à profit de l’intégration énergétique régionale par le biais de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et du Pool énergétique de l’Afrique centrale ; le développement des énergies renouvelables distribuées (ERD) et des solutions de cuisson propre ; la mobilisation des investissements du secteur privé grâce à des financements innovants et à des partenariats public-privé ; et l’amélioration de la viabilité financière et de la gouvernance de la société nationale d’électricité SEEG.
Les discussions ont également porté sur l’ensemble de la chaîne de valeur énergétique — de la production au transport et à la distribution —, avec un accent particulier mis sur l’électrification rurale. Wale Shonibare, directeur des Solutions financières, de la Politique et de la régulation de l’énergie du Groupe de la Banque africaine de développement, a qualifié ces deux jours de réunions de très fructueux.
Faut-il le rappeler, « L’objectif de l’Africa Energy Market Place est de créer un environnement propice à la participation du secteur privé, en mettant en place les réformes nécessaires pour attirer les investissements et mobiliser des financements auprès des partenaires donateurs, des banques de développement et des promoteurs du secteur privé. Cet AEMP a joué un rôle déterminant dans la consultation des parties prenantes afin de renforcer le Pacte national de l’énergie et de préparer le terrain pour une mise en œuvre rapide. L’appropriation par le gouvernement est absolument essentielle à la réussite, et c’est exactement ce que nous avons constaté ici », a déclaré M. Shonibare.



















