Une nouvelle approche de l’exploitation aurifère est en cours de téléchargement au Gabon. Elle a été déclinée ce 07 septembre 2026, par le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, sous réserve de l’adoption du nouveau Code minier. Elle fait suite à la décision ministérielle intervenue, le 20 juin dernier, portant interdiction des activités d’exploitation de l’or à petite échelle, suite à plusieurs irrégularités constatées amenant ainsi le ministère à procéder à un audit global du secteur.
La nouvelle réforme de la filière aurifère consiste donc en une traçabilité renforcée, un encadrement des sorties et des achats et une constitution d’un important stock de réserves d’or à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), pour des générations futures. De manière spécifique, le gouvernement gabonais mise sur la transformation locale. L’exportation d’or à l’état brut est désormais interdite. Dans ce cadre, l’intégralité de l’or extrait au Gabon doit impérativement transiter par la Raffinerie gabonaise de l’or (RGO) à Nkok pour y être affiné et raffinée.
L’autre aspect sur lequel insiste le gouvernement porte sur le renforcement de la traçabilité renforcée de ce minerai. Chaque lingot produit sera désormais doté d’un QR code au verso, permettant d’identifier immédiatement à l’international le permis minier d’origine, la société exploitante et le parcours d’acheminement. Des contrôles par scan seront déployés aux aéroports par le ministère et la Société équatoriale des mines (SEM).
Les opérations d’achat seront également désormais soumises une à stricte réglementation. Le gouvernement sonne ainsi des achats informels. L’achat d’or auprès de tierces personnes ou d’individus est dorénavant proscrit. La transaction sera strictement encadrée par des comptoirs d’or officiels.
Dans une politique de prospective, avec ces nouvelles réformes, l’Etat gabonais vise le réapprovisionnement de ses réserves stratégiques à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), après une interruption de près de trois ans, afin de les garnir pour les générations futures et renforcer sa souveraineté économique.
En clair, la nouvelle stratégie aurifère annoncée par le gouvernement gabonais entraîne des transformations profondes pour les exploitants miniers artisanaux et les économies locales : la formalisation accrue et fin du secteur informel, la sécurisation des revenus de la production légale, et enfin, la contrôle d’accès et lutte contre la contrebande. Raison pour laquelle, l’audit du secteur de l’année en cours, vise à démanteler les réseaux régionaux de contrebande et d’orpaillage illégal. Tout comme les autorisations et permis miniers qui sont désormais strictement vérifiés et conditionnés au respect de normes environnementales et réglementaires.
La réforme induit par ailleurs une capitation de la fiscalité minière locale. Car, en canalisant la production vers la Raffinerie gabonaise de l’or (RGO) et en mettant en place le système de traçabilité par QR code, les recettes publiques jusqu’ici perdues dans la contrebande (vers les pays voisins) réintègrent les caisses de l’État et de la Société équatoriale des mines.
Avec cette mesure, l’Etat actionne également les leviers de la création de valeur ajoutée nationale avec l’obligation de raffinage local, de la réduction de l’insécurité et de la préservation environnementale, éloignant de ce fait, la criminalité transfrontalière, la déforestation non contrôlée et la pollution chimique (notamment au mercure) souvent associées à l’orpaillage informel.
La nouvelle donne, a enfin renseigné le membre du gouvernement, s’inscrit dans la vision du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema qui fait de la transformation locale des minerais, un enjeu majeur pour des objectifs de souveraineté économique.
Pour la bonne gouverne, la production nationale d’or au Gabon est estimée à 800 kilogrammes par an en 2026. Elle est portée par la dynamique dans les provinces de l’Ogooué-Ivindo et de la Ngounié. L’essentiel de l’or extrait provient de gisements alluviaux et d’activités de petite mine, avec des zones historiques et actives comme la région d’Etéké.


















