Malgré son départ de la Direction générale de la Société nationale immobilière (SNI), Hermann Kamonomono est resté très attaché aux questions foncières et de logement. Dans une de ses récentes sorties, il décrypte le modèle canadien du financement du logement social. Non sans inviter les pays en développement et particulièrement africains à s’en inspirer.
Dans ses explications, il renseigne qu’au « Canada, le logement social n’est pas financé uniquement par l’État. Il repose sur un écosystème complet où gouvernements, institutions financières, organismes sans but lucratif, coopératives et secteur privé jouent chacun un rôle complémentaire ».
Pour une meilleure appréciation dudit système, M. Kamonomono relève quelques-uns de ses éléments clés. Il cite entre autres : des financements de long terme permettant d’étaler les remboursements sur plusieurs décennies ; une forte implication des organismes publics spécialisés dans le financement et la garantie du logement ; des subventions ciblées pour réduire le coût d’accès au logement pour les ménages les plus vulnérables ; un rôle important des coopératives d’habitation et des organismes communautaires.
A cela s’ajoutent poursuit-il, des partenariats entre différents niveaux de gouvernement ; des mécanismes qui sécurisent les investisseurs tout en protégeant l’accessibilité des logements et enfin, une logique où le logement est considéré à la fois comme un enjeu social, économique et d’aménagement du territoire.
Pour l’ancien DG de la SNI, « Le principal enseignement réside peut-être sur le fait que, « le logement social fonctionne mieux lorsqu’il existe un véritable système de financement structuré autour de la demande, de l’offre et de la gestion à long terme ».
Une réalité bien aux antipodes des politiques de logements africaines dans la plupart des cas. En effet, déplore-t-il, « Dans plusieurs pays africains, la question n’est donc peut-être pas uniquement « combien construite ? », mais aussi « comment structurer durablement le financement du secteur ? ». Autrement dit, « Le logement n’est pas seulement un produit immobilier. C’est un système », conclut-il.
La proposition, sans risque de se tromper peut tout de même valoir son pesant d’or, pour un pays comme le Gabon. Car, l’énorme gap structurel en matière de logement qu’il accuse donne du fil à retordre au gouvernement. En effet, selon la Banque mondiale, le pays fait face à un déficit structurel de logement estimé à environ 300 000 unités en 2025-2026, avec un besoin croissant de 7 000 à 10 000 nouveaux logements par an.
Une situation consécutive aux échecs de la plupart des politiques foncières mises en œuvre. Bon nombre ayant été confrontées à de sérieux écueils qui vont entre autres, de leur inadaptation aux réalités locales, aux coûts élevés des prix du foncier et de celui des matériaux de construction, en passant par un difficile accès à la propriété pour les faibles revenus, avec des coûts de logements le plus souvent inabordables pour le commun des Gabonais. Sans oublier que le manque d’accès à des terrains titrés et des parcelles abordables
restent un réel frein à l’investissement dans l’immobilier.
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