La révision à la baisse de la perspective par Moody’s de la note de crédit du Gabon de « stable » à « négative », n’a pas du tout été favorable pour ses obligations internationales. Elles ont en effet observé un recul suite à cette notation.
Ainsi, les titres à plus longue échéance ont enregistré les pertes les plus importantes : les obligations arrivant à échéance en 2031 ont reculé de 1 cent par dollar pour s’échanger à 85,90 cents, selon les données de Tradeweb. Celles de 2029 ont cédé 0,8 cent à 95,27 cents.
Pour sa part, l’agence Moody’s a justifié sa décision par un certain nombre d’indicateurs très défavorables : déséquilibres budgétaires, d’importants besoins de refinancement dans un contexte d’accès limité aux marchés et une gestion défaillante des finances publiques. L’agence a également averti que l’audit gouvernemental prévu sur les emprunts passés pourrait révéler des passifs non déclarés, accentuant ainsi la pression sur la viabilité de la dette.
L’agence a néanmoins maintenu la note souveraine du Gabon à « Caa2 »
Toujours dans ce sillage, le 17 juin dernier, le ministre de l’Economie et des Finances, Thierry Minko, a mis en place un comité chargé d’examiner les factures impayées de l’État, afin de vérifier les créances publiques selon les normes d’audit internationales. Cet audit, qui doit s’achever d’ici la mi-juillet, revêt une « importance particulière » pour les prochaines discussions techniques avec le Fonds monétaire international (FMI), a déclaré le gouvernement.
Le scepticisme des investisseurs
Sur ce dossier, Christian Libralato, gestionnaire de portefeuille chez RBC BlueBay Asset Management, a quant lui souligné que les investisseurs restaient sceptiques. « Les investisseurs ne sont pas convaincus que la politique gabonaise s’attaque sérieusement aux risques élevés liés à la dette et à la réduction de la vulnérabilité aux chocs externes, compte tenu des dépenses budgétaires et des déficits importants », a-t-il déclaré.
Avant d’ajouter, « Les marchés attendaient un accord avec le FMI soutenu par un ajustement budgétaire, une gestion plus rigoureuse des finances publiques, ainsi qu’un renforcement de la transparence et de la gouvernance ». Le Gabon a officiellement sollicité un programme du FMI en mars dernier. Toutefois, les informations selon lesquelles le Gabon pourrait revenir sur le marché obligataire cette année, malgré l’obtention d’un prêt garanti par le pétrole, ont semé le doute sur l’engagement du gouvernement envers les réformes préconisées par le FMI.
Avec Reuters



















