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Accueil Banques - Finances

Finances publiques  : Mays Mouissi détricote le nouvel emprunt obligataire de l’Etat gabonais de 458 milliards de FCFA

A travers une analyse méthodique, l’analyste économique gabonais explique pourquoi cette nouvelle levée de fonds pose problème.

Alexandre Le-grand par Alexandre Le-grand
novembre 22, 2021
dans Banques - Finances, Développement, Devises, Economie, Finances, Finances Publiques, Gouvernance, Intégration, International, La Une
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Les 17 et 18 novembre 2021, le gouvernement gabonais a de nouveau sollicité les marchés internationaux dans le cadre d’une émission obligataire. Cette opération a permis au gouvernement d’emprunter 800 millions USD soit 458 milliards de FCFA à 7% de taux d’intérêt pour une maturité de 10 ans.

Selon le gouvernement qui vante le succès de cette opération, les ressources obtenues grâce à cet emprunt serviront à assurer le remboursement d’un eurobond de 2013 de maturité similaire qui arrive à échéance en décembre 2024.

A ce stade, Mays Mouissi souligne que le succès dont se prévaut le gouvernement consiste à substituer une dette sur laquelle pèse un taux d’intérêt de 6,375% par une dette nouvelle, plus chère, dont le taux d’intérêt est de 7%, soit 62,5 points de base de plus que l’emprunt précédent à la charge du contribuable.

Pour que nul n’en ignore, il fait savoir que l’eurobond de 2013 échéance 2024, pour le remboursement duquel le Gabon vient à nouveau de s’endetter lourdement, avait lui-même pour objectif d’assurer le remboursement d’un eurobond précédent de 2007 échéance 2017.

Cependant, poursuit-il, « une différence majeure distingue cette opération passée de celle que le Gouvernement vient de porter à la connaissance de l’opinion ».

Et d’ajouter, « En effet, en 2013, les autorités en charge de l’Economie et des Finances publiques étaient parvenues à substituer une dette à 8,2% de taux d’intérêt par une dette à 6,375%, soit 182,5 points de base de moins à la charge du contribuable gabonais ».

Ainsi, si les emprunts de 2013 et de 2021 ont eu pour effet d’étendre le profil de maturité de la dette du Gabon, l’eurobond de 2021 accroit la charge de la dette pour notre économie tandis que l’eurobond de 2013 la réduisait, explique-t-il

« Il parait donc évident que l’eurobond de 2021 n’est pas un si grand succès pour les finances publiques du Gabon puisqu’il accroit l’encours de la dette, en étend la maturité et augmente la charge financière qui absorbe une part sans cesse croissance du budget national », fait-il savoir.

« Au moment où « l’accélération de la transformation » du Gabon est récitée comme une antienne urbi et orbi dans les discours des membres du gouvernement, il est peut-être temps d’aller au-delà du simple slogan et de mettre en place cette accélération qu’on peine à voir », alerte-t-il.

Avant de s’interroger s’il s’avérait encore utile de rappeler que l’économie d’un pays en développement ne peut être relancée que par l’investissement ? Au Gabon particulièrement, un volume d’investissements publics important est indispensable pour relancer l’économie, favoriser les créations d’emplois et réduire la précarité.

Or, comment penser relancer l’économie quand dans son projet de loi des finances 2022, le gouvernement consacre 1169 milliards de FCFA à la dette (environ 40% du budget national), contre seulement 326 milliards XAF à l’investissement public (environ 11% du budget) ?

Selon l’analyste économique, le gouvernement ayant fait de l’endettement massif l’alpha et l’omega de sa politique économique et quitte à endetter l’Etat et la collectivité, les autorités pourraient au moins le faire pour financer d’importants projets de développement susceptibles de réellement favoriser la croissance, préconise-t-il

Car, « Il pourrait ainsi répondre aux récriminations des populations qui ne supportent plus la piètre qualité des infrastructures routières, des structures de santé et d’éducation, de vivre dans des logements insalubres ou encore d’être régulièrement privées d’eau et d’électricité, y compris au cœur de Libreville, la capitale », indique-t-il.

Avant de réitérer que le succès d’un gouvernement se mesure à sa capacité à tenir les engagements qu’il a pris devant la nation, et pas au nombre d’emprunts qu’il est capable de lever sur les marchés internationaux.

 

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