Le Gabon est confronté à des risques de liquidité à court terme et la viabilité de la dette s’est détériorée, augmentant les risques à moyen terme, selon Fitch Rating.
L’obtention d’un financement en temps opportun et la poursuite de l’assainissement budgétaire, qui ont donné de solides résultats ces dernières années, seront importantes pour réduire les risques.
Fitch prévoit que le Gabon continuera d’enregistrer des déficits budgétaires, sous l’effet de la modération des prix du pétrole et d’un léger rebond de la production après les réductions au deuxième semestre 2020. Les besoins de financement s’élèveront à environ 9% du PIB en 2021 et 2022 et les difficultés récurrentes du Gabon à obtenir les financements prévus rendent le risque de liquidité plus élevé que celui de ses pairs pour un niveau donné de besoins de financement.
En outre, Fitch estime que l’absence prolongée d’un nouveau programme du FMI augmenterait les risques pour la capacité du Gabon à rembourser sa dette en temps opportun. Le Gabon aura besoin de décaissements de prêts d’appui budgétaire auprès des créanciers extérieurs d’environ 3,5% du PIB pour répondre à ses besoins de financement. Le scénario de base est qu’un programme successeur sera mis en place, mais il y a des risques.
Le bilan du Gabon indique que des retards sont probables et pourraient entraîner des tensions de liquidité, même s’il entre dans un nouveau programme du FMI et identifie un financement supplémentaire suffisant pour couvrir ses besoins 2021-2022. Il a toujours eu recours à l’accumulation d’arriérés pendant les périodes de bas prix du pétrole, y compris les arriérés extérieurs. Fitch pense qu’il est probable que le Gabon ait accumulé de nouveaux arriérés extérieurs en 2020.
Le risque pour la soutenabilité de la dette n’est pas aussi pressant que le risque de liquidité malgré la poussée de l’endettement en 2020. La hausse des prix et de la production du pétrole ainsi que le maintien de la discipline budgétaire pourraient placer la dette du Gabon sur une trajectoire ferme à la baisse.
Les risques de liquidité externe sont présents et le service de la dette publique sera élevé par rapport aux réserves de change. Selon nous, la garantie de convertibilité des devises offerte par la France, avec accès à une facilité de liquidité en euros pour soutenir l’ancrage, limite les risques à court terme de dévaluation ou de pénurie de liquidité en devises.



















