Pour la seconde fois en l’espace d’une semaine, les ministres africains des Finances se sont réunis ce mardi 1er avril 2020, par visioconférence, pour contrer l’expansion du COVID-19 à travers le continent.
La réunion a été organisée par Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique, et coprésidée par les ministres Tito Mboweni d’Afrique du Sud et Ken Ofori-Atta du Ghana.
Contrairement à la première réunion au cours de laquelle, ils ont appelé à une riposte coordonnée contre le COVID-19 pour atténuer l’impact négatif sur les économies et la société, l’enjeu de cette seconde rencontre se rapportait au partagé des expériences et Ain qu’à des discussions sur des possibilités de soutien mutuel.
Tout en reconnaissant les mesures politiques louables prises par les gouvernements, les argentiers du continent ont souligné l’exposition de l’économie continentale à un ralentissement profond et synchronisé qui ne pourra s’en remettre qu’au bout de trois ans.
De ce fait, ils ont souligné la nécessité de prendre toutes les mesures possibles pour ralentir et maîtriser la propagation du COVID19 à court terme, mais reconnaissent qu’il s’agit d’un combat difficile. Au terme de leurs échanges, ils ont convenu de six points clés.
Le front sanitaire et humanitaire
Selon les ministres, une attention immédiate sur le front sanitaire et humanitaire s‘avère cruciale. Car, selon eux, «il est nécessaire de poursuivre la sensibilisation, les tests, la distanciation sociale ».
Appel à l’allégement de la dette
Un appel à l’allégement de la dette des partenaires bilatéraux, multilatéraux et commerciaux avec le soutien des institutions financières multilatérales et bilatérales telles que le FMI, le GBM, l’UE a été sollicité. Cela, afin de garantir que les pays africains disposent de l’espace budgétaire nécessaire pour faire face à la crise du COVID-19.
Cet appel, ont-ils soulignés, «s’adressent à toute l’Afrique et doit être entrepris de manière coordonnée et collaborative. Ils appellent à la création d’un moyen à vocation spéciale pour faire face à toutes les obligations de dette souveraine. Des baisses substantielles des recettes provenant de la baisse des prix des produits de base, associées à une augmentation des coûts des importations, exercent des pressions sur l’inflation et le taux de change ».
Nécessité d’une période plus longue pour l’allégement de la dette
La nécessité d’une période plus longue pour l’allégement de la dette a été de mise. En effet, «Étant donné que l’économie mondiale est entrée dans une période de ralentissement synchronisé, la reprise n’étant attendue qu’après environ 24 à 36 mois, les partenaires au développement devront envisager un allégement de la dette et une abstention des paiements d’intérêts sur une période de 2 à 3 ans pour tous les pays africains, les Pays à faible revenu (PFR) et les Pays à revenu intermédiaire (PRI) », ont-il préconisés.
L’importance du secteur privé pour la création d’emplois et pour l’effort de relance
Reconnaissant l’importance du secteur privé pour la création d’emplois et pour l’effort de relance ; ils ont appelé les IFD à soutenir le secteur privé en cette période difficile. De plus, ont –ils soutenus, « l’Afrique étant un importateur net de produits pharmaceutiques, permettre une production continentale locale pourra servir à protéger certains emplois et garantir l’approvisionnement en médicaments essentiels pendant la crise. Plus de 54 pays ont interdit les exportations de produits pharmaceutiques. Ils ont, à cet effet appelé à la fin de ces procédures et à des protocoles conjoints sur la fermeture des frontières afin de permettre les couloirs commerciaux et humanitaires. Selon eux, il existe un besoin de facilités de liquidité, de refinancement et de garanties pour soutenir le secteur privé ».
Les énormes pertes subies dans le transport aérien et l’hôtellerie
Les argentiers africains ont aussi préconisé la protection et à la préservation des compagnies aériennes africaines, des logistiques et de l’industrie du tourisme. Y compris en préconisant un sursis au paiement des intérêts, des baux et de la dette. Selon ces derniers, il s’agit d’un important secteur créateur d’emplois pour des millions d’Africains et doit être protégé. Les ministres conviennent d’organiser une réunion pour les pays touchés par les pertes de transport et de tourisme dues à la pandémie, afin de mieux planifier les politiques de lutte contre ces pertes.
Utilisation de technologies
La dernière préoccupation portait sur l’utilisation de technologies telles que les téléphones portables pour soutenir la sensibilisation, identifier les communautés dans le besoin et créer des mécanismes de responsabilité et de gouvernance autour de l’utilisation du stimulus. Après avoir salué cette disposition, ils ont demandé à la CEA de travailler avec la société de télécommunications pour concevoir un système répondant à ces objectifs.




























