La Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a inauguré ce 28 octobre 2026 à Nairobi, au Kenya, un atelier de trois jours destiné aux médias et consacré à l’investissement dans la santé en Afrique.
Organisé en collaboration avec Twaweza Communications dans le cadre de l’initiative « Transformer le financement de la santé en Afrique », cet atelier réunit des journalistes de toute l’Afrique anglophone, notamment du Botswana, d’Éthiopie et de Sierra Leone (trois des cinq pays où la CEA intervient au cours de la première année de l’initiative), ainsi que des journalistes du Kenya, du Rwanda, de Tanzanie, d’Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe.
Durant ces trois jours, les participants découvriront les travaux de la CEA sur le financement de la santé et partageront leur expérience des systèmes de santé de leurs pays respectifs. Cet atelier vise à transformer la manière dont la santé est traitée dans les médias africains. Trop souvent, elle est réduite à un simple sujet hospitalier ou à une ligne de dépenses publiques. La CEA souhaite que les journalistes la considèrent comme un investissement économique essentiel à la souveraineté, à la résilience économique et à la justice en Afrique.
Cet atelier s’appuie sur la Déclaration sur le financement durable de la santé en Afrique, dite Déclaration de Tanger, adoptée par les ministres en avril 2026 lors de la Conférence de la CEA réunissant les ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique, où l’initiative a également été lancée. En moyenne, les gouvernements africains financent moins de 41 % des dépenses totales de santé, laissant aux ménages et à des financements de donateurs souvent imprévisibles le soin de combler le déficit.
Lors de l’ouverture de l’atelier, Aboubakari Diaw, chef de cabinet de la CEA et responsable de l’équipe financement de la santé, a déclaré que, « le financement de la santé devait être appréhendé comme un enjeu macroéconomique et non comme un simple coût. Il a souligné que les dépenses directes des ménages représentaient 35 % des dépenses de santé dans la région Afrique de l’OMS, un pourcentage bien supérieur au plafond recommandé, et que 420 millions d’Africains avaient connu des difficultés financières liées aux coûts de santé en 2022 ».
Vingt-cinq ans après la Déclaration d’Abuja, un seul pays a respecté son engagement d’allouer systématiquement 15 % de son budget public à la santé, tandis que l’aide extérieure à la santé a diminué de moitié. M. Diaw, chef de cabinet de la CEA a invité les participants à « suivre le fil de l’argent en amont, du service jusqu’au Trésor », et les a exhortés à interroger les parties prenantes telles que l’ONU et l’OMS, la société civile et les ministres des finances avec autant de rigueur que les ministres de la santé, et à leur demander quelle ligne budgétaire, quelle année et quel montant sont à l’origine de chaque engagement.
Au cours des prochains jours, les journalistes approfondiront les aspects techniques du financement de la santé avec des experts, notamment le professeur Kimani Njogu, spécialiste en communication de la CEA, et David Khaoya, économiste de la santé à l’Université de Nairobi, qui présenteront les réformes du financement de la santé au Kenya.
pour la bonne gouverne, le Kenya a été choisi pour accueillir cet atelier en raison de son engagement de longue date en faveur de la transformation de son système de santé. En 2023, le pays a adopté quatre lois visant à promouvoir la couverture sanitaire universelle et, en 2024, il a remplacé le Fonds national d’assurance maladie par une nouvelle Autorité sociale de santé. Les participants visiteront cette Autorité pour observer son fonctionnement concret.
Par ailleurs, cet atelier constitue la première étape de la création d’un réseau de journalistes africains spécialisés dans le traitement de la santé comme moteur du développement. Un second atelier, destiné aux médias francophones, se tiendra en fin d’année. Ensemble, ces deux ateliers jetteront les bases d’un programme de bourses de journalisme non résident axé sur le financement de la santé, qui sera lancé en 2027.
À propos de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique
Créée en 1958 par le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) en tant que l’une des cinq commissions régionales de l’ONU, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a pour mandat de promouvoir le développement économique et social de ses États membres , de favoriser l’intégration intrarégionale et de promouvoir la coopération internationale au service du développement de l’Afrique. La CEA compte 54 États membres et joue un double rôle : celui d’organe régional de l’ONU et celui d’élément clé du paysage institutionnel africain. Pour plus d’informations, veuillez consulter le site : www.uneca.org


















