Dans le rapport intitulé « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de la République centrafricaine dans un monde fragmenté » et rendu public le 19 août 2026, le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) estime également que le déficit budgétaire global a reculé à 3,5 % du PIB en 2025, contre 5,1 % en 2024, tandis que la dette publique a atteint 59 % du PIB, contre 58 % en 2024. Le déficit du compte courant de la balance des paiements s’est quant à lui établit à 7,4 % du PIB en 2025, contre 9 % en 2024.
Par ailleurs, les perspectives de croissance pour 2026-2027 dépendront de la stabilité sécuritaire, de la disponibilité de l’énergie et de la mise en œuvre des projets structurants dans l’énergie, les transports et le développement agro-industriel. Elles projettent un taux de croissance du PIB réel à 2,9% en 2026 et 3,9% en 2027, une inflation qui pourrait dépasser la cible communautaire de 3%, et un déficit budgétaire global qui devra se situer entre 3,5% en 2026 et 3% en 2027.
« La reprise économique observée en 2025, avec une croissance du PIB réel de 3,3 %, après 1,8 % en 2024 et 0,7 % en 2023, est encourageante. Mais cette reprise demeure insuffisante pour répondre à l’ampleur de nos besoins sociaux, créer suffisamment d’emplois et améliorer durablement les conditions de vie de nos populations », a noté Marc Mandaba, ministre centrafricain de l’Économie, du Plan et de la Coopération Internationale et gouverneur à la Banque pour la RCA, lors de la cérémonie de présentation du document à Bangui.
Un événement auquel ont également pris part Hervé Ndoba, ministre des Finances et du Budget et gouverneur suppléant, Faustin A. Koyasse, ministre chargé du Cadre mixte de concertation pour l’amélioration des affaires ; Annie Michelle Mouanga ministre du Travail, de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, ainsi que Ali Chaïbou, directeur national de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).
Le Rapport pays souligne l’importance de mobiliser les ressources nécessaires à la transformation économique et sociale de la République centrafricaine dans un contexte de fragmentation de l’économie mondiale, notamment pour le financement de son Plan national de développement 2024-2028 dont les besoins sont estimés à 12,8 milliards de dollars.
« C’est un enjeu particulièrement important pour la Centrafrique, engagée dans la mise en œuvre de son PND 2024-2028 et qui dispose d’un potentiel important dans l’agriculture, les ressources naturelles et l’énergie. La concrétisation de ses ambitions nécessite toutefois une mobilisation accrue des ressources intérieures, un renforcement de la gouvernance économique, une amélioration de l’efficacité des investissements publics ainsi qu’une participation plus active du secteur privé », a indiqué Mamadou Coulibaly, responsable du bureau-pays du Groupe de la Banque.
Des attentes de la NAFAD
Présenté par l’économiste-pays de la Banque africaine de développement, Sébastien Mangele, le rapport pays 2026 met notamment en évidence la nécessité pour la République centrafricaine de mieux valoriser les ressources naturelles, d’accroître les recettes intérieures, d’améliorer l’efficience des investissements publics et de créer un environnement plus propice à l’investissement privé ; des recommandations qui rejoignent les ambitions de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD)..
« Pour la Centrafrique, cette nouvelle architecture doit se traduire concrètement par la mobilisation de l’épargne intérieure, de la diaspora, des investisseurs institutionnels, des financements régionaux et des capitaux privés. Elle doit également nous permettre de mieux utiliser les garanties, le financement mixte, les instruments en monnaie locale et les mécanismes de partage des risques afin de rendre nos projets plus bancables et plus attractifs », a souligné M. Mandaba.




















