Quoique l’on puisse dire, le fardeau de la dette constitue un grand défi pour les autorités gabonaises. A preuve, l’an dernier, au terme d’une mission d’assistance technique sur le développement d’un modèle de projection macroéconomique pour le pays, le Fonds monétaire international (FMI), a fourni une idée plus ou moins précise sur ce lancinant fardeau de la dette publique gabonaise. (https://www.imf.org/-/media/files/publications/tar/2026/french/tarfa2026016-source-pdf.pdf)
Ce rapport renseigne ainsi que la détérioration de la position budgétaire du Gabon a considérablement accru les vulnérabilités liées à la dette, mettant ainsi en péril sa viabilité en l’absence de mesures correctives rapides. Autrement dit, les risques pesant sur la viabilité de la dette du Gabon se sont considérablement accrus, conduisant à une attention particulière sur de nouvelles réformes.
Bien que le Gabon ait bénéficié de la hausse des prix du pétrole ces dernières années, sa position budgétaire s’est fortement détériorée. Le déficit primaire hors pétrole s’est creusé pour atteindre 8,2 % du PIB hors pétrole fin 2023, principalement en raison des dépassements de dépenses liés aux élections et de l’intégration de dépenses précédemment extrabudgétaires.
Les besoins de financement brut devraient en moyenne représenter 19 % du PIB par an sur la période 2024–2029, soit plus du triple de la moyenne historique, en raison des importants remboursements d’Eurobonds prévus en 2025 et d’un accès limité aux financements concessionnels en raison des arriérés passés. Le FMI a également évalué que le Gabon présente une dette très élevée.
Les paiements d’intérêts étant appelés à absorber 20 à 30 % des recettes, et le service total de la dette à atteindre 80 à 115 % des recettes budgétaires, ce qui place le pays parmi ceux ayant les niveaux les plus élevés en Afrique subsaharienne. Pour faire face à ces vulnérabilités, l’institution de Bretton Woods recommande un ajustement budgétaire crédible visant à ramener le déficit primaire hors pétrole à environ 2% du PIB hors pétrole d’ici 2027–2028.
Dans cette logique, les autorités ont lancé des réformes initiales – telles que l’intégration des dépenses extrabudgétaires dans les comptes officiels et l’avancement vers l’opérationnalisation complète du compte unique du Trésor – mais le rétablissement de la viabilité dépendra de manière cruciale du renforcement de la gestion des finances publiques, du traitement des passifs éventuels et de la priorisation de nouveaux projets d’investissement coûteux qui pourraient compromettre la stabilité macroéconomique.
Pour la bonne gouverne, cette assistance technique sollicitée par les autorités gabonaises depuis juillet 2024, avait pour objectif principal de développer un Modèle de projection macroéconomique (MPM) cohérent et renforcer les capacités du personnel en analyse de politiques économiques.
De manière spécifique, cette assistance devait également fournir un certain nombre d’outils à la Direction en charge de la Prévision et de la modélisation macroéconomique du MEP. Il s’agit entre autres, d’un nouveau MPM capable de réaliser des prévisions robustes associées à plusieurs analyses de scénarios et de chocs ; l’extension de l’utilisation de l’outil pour évaluer les effets des mesures de politiques économiques et prendre en compte divers risques macroéconomiques, y compris l’effet des chocs sur la trajectoire de la dette et l’identification de la réaction optimale du solde primaire; et enfin l’amélioration des capacités du personnel du MEP à gérer le MPM et à fournir des conseils économiques et des analyses de risques pour mieux orienter la politique budgétaire.


















