Le gouvernement gabonais veut remettre de l’ordre dans les activités de recherche et d’exploitation de l’or à petite échelle. Dans ce cadre, le ministère des Mines et des Ressources Géologiques vient de procéder à la suspension des activités de recherche et d’exploitation artisanale de ce minerai.
Le communiqué de presse y relatif produit par le ministère se veut plus explicite. Il informe l’ensemble des opérateurs du secteur aurifère, les autorités administratives locales ainsi que l’opinion publique nationale que, dans le cadre d’une opération conjointe menée avec le ministère de la Défense nationale, un vaste réseau d’exploitation illégale de l’or a été démantelé dans la province de la Ngounié.
Par ailleurs, poursuit-il, « les investigations menées sur le terrain ont permis de constater l’existence d’activités minières irrégulières et clandestines impliquant notamment des ressortissants étrangers, en violation des lois et règlements en vigueur en République Gabonaise. Cette situation a entraîné des atteintes graves à l’ordre public, à l’environnement, à la préservation des ressources nationales ainsi qu’aux intérêts économiques de l’État ».
Face à l’ampleur de ces pratiques illicites et afin de permettre un assainissement complet du secteur aurifère national, le ministère des Mines et des Ressources Géologiques décide, à compter de la date de signature du présent communiqué, de la suspension provisoire de tous les permis de recherche et d’exploitation de la petite mine d’or sur l’ensemble du territoire national.
Cette mesure vise notamment à : procéder à un audit exhaustif des titres miniers aurifères en vigueur ; vérifier la conformité des activités menées par les détenteurs de permis ; renforcer les mécanismes de contrôle et de surveillance des sites miniers ; préserver les intérêts stratégiques de l’État et des communautés locales et à lutter efficacement contre l’orpaillage clandestin, la fraude et les trafics associés.
Durant cette période de suspension, aucune activité de prospection, de recherche ou d’exploitation relevant de la petite mine d’or ne pourra être exercée sans autorisation expresse du ministère des Mines et des Ressources géologiques. Les services compétents du Ministère, en liaison avec les forces de défense et de sécurité, veilleront à l’application stricte de cette décision.
Ainsi, tout contrevenant s’exposera aux sanctions prévues par la législation minière et pénale en vigueur. Le gouvernement réaffirme sa détermination à garantir une exploitation responsable, transparente et souveraine des ressources minières du Gabon, dans le respect des lois de la République, de l’environnement et des intérêts des populations. A cet effet, le ministère des Mines et des Ressources géologiques appelle l’ensemble des opérateurs à faire preuve de responsabilité et à collaborer pleinement avec les autorités compétentes dans le cadre de cette opération d’assainissement du secteur aurifère national.
Pour la bonne gouverne, l’or est devenu un produit d’exportation stratégique pour le Gabon qui dispose d’un potentiel reconnu, principalement dans les provinces de l’Ogooué-Ivindo et de la Ngounié. Plusieurs permis d’exploration et d’exploitation sont d’ailleurs actifs sur le territoire.
Selon les chiffres de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), en 2024, les ventes de ce minerai ont explosé pour atteindre un chiffre record de 68,1 milliards de francs. Soit une hausse prodigieuse de 183 % par rapport à 2023 où les ventes avaient atteint 24 milliards de francs.
D’après des informations de la Société équatoriale des mines (SEM), la production aurifère gabonaise est de 2 tonnes par an. Une grande partie de cette production provient du traitement de l’or alluvial. Dans les prochaines années, le Gabon espère produire davantage dans l’optique de se constituer une réserve stratégique d’or, pour plus de crédibilité sur les marchés extérieurs.
Seulement, l’exploitation ces dernières années des mines artisanales du Gabon par des réseaux de contrebandiers, a exposé le pays à de nombreux maux dont l’immigration illégale, l’insécurité, les conflits entre les orpailleurs et les populations locales, les menaces sur l’environnement avec une forte augmentation des actes de braconnage.



















