Le Directeur du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale, Jean Luc Mastaki Namegabe a mis en exergue, le rôle de la gente féminine pour la réussite de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). C’était le 12 juin dernier, à l’occasion du lancement officiel du projet Development Account 18 (DA18) intitulé « Améliorer le commerce transfrontalier impliquant les entreprises informelles détenues par des femmes en Afrique ».
Selon le fonctionnaire onusien, le succès de ce marché commun africaine dépendra de la capacité des pays africains à intégrer pleinement les acteurs économiques qui font vivre les échanges quotidiens aux frontières. « Les femmes commerçantes transfrontalières contribuent de manière décisive aux revenus des ménages, à la sécurité alimentaire et à la résilience économique de nos communautés. Pourtant, elles continuent d’exercer leurs activités dans un environnement marqué par de multiples contraintes. Ce projet ambitionne de transformer les frontières en espaces d’opportunités, de confiance et de prospérité partagée. », a-t-il déclaré.
Une vision largement partagée par les partenaires internationaux. Ils ont unanimement souligné la pertinence du projet et leur volonté de contribuer à sa mise en œuvre à travers leurs expertises respectives en matière de mobilité, de genre, de facilitation des échanges et de développement du commerce.
La première réaction positive est venue de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Elle a ainsi souligné la complémentarité naturelle entre les objectifs du projet et ses propres interventions sur les corridors Douala–Bangui et Cameroun–Tchad. Selon Abdel Rahmane Diop, chef de mission de l’OIM au Cameroun : « le commerce transfrontalier informel demeure insuffisamment compris, insuffisamment mesuré et insuffisamment valorisé. L’OIM dispose d’une expertise dans la collecte de données aux frontières, la gestion des flux et l’accompagnement des communautés mobiles. Nous sommes pleinement disposés à mettre cette expérience au service du projet afin d’en maximiser l’impact. »
De son côté, ONU Femmes a mis en lumière, la nécessité de renforcer davantage la dimension genre du projet. Pour Marie-Pierre Racky Chaupin, Représentante résidente d’ONU Femmes Cameroun : « les femmes commerçantes continuent de faire face à des cas de harcèlement et de violences aux postes frontaliers, une réalité encore insuffisamment documentée. La prise en compte de ces enjeux ainsi que le renforcement du leadership féminin permettront d’approfondir l’impact du projet et de promouvoir une véritable autonomisation économique des femmes. »
ONU Commerce et Développement (CNUCED) a pour sa part, salué une initiative innovante susceptible d’accélérer l’intégration des femmes et des PME dans le commerce intra-africain. Habiba Ben Barka, cheffe de la section Afrique de la CNUCED, a déclaré : « Il est rare de voir un projet ciblant spécifiquement les femmes opérant dans le commerce transfrontalier informel. Cette initiative constitue un levier puissant pour promouvoir un commerce plus inclusif et mieux intégré au marché africain. ». La CNUCED a également exprimé sa disponibilité à apporter son expertise dans les domaines de la facilitation numérique du commerce, des régimes commerciaux simplifiés et de la production de statistiques désagrégées par sexe.
Le projet, doté d’un budget global de 637 800 dollars américains et mis en œuvre jusqu’en 2029, produira entre autres : une étude analytique régionale sur le commerce transfrontalier informel, une base de données géoréférencée des marchés, routes commerciales et postes frontaliers, des dialogues public-privé sur le commerce transfrontalier, des feuilles de route nationales pour un commerce plus inclusif et sensible au genre. Il se focalisera aussi sur le renforcement des capacités des femmes commerçantes et des acteurs de la gouvernance des flux transfrontaliers.
Pour Ghitu I. Mundunge, chef de l’Unité réformes et politiques de diversification économique de la CEA et coordonnateur du projet : « L’ambition de ce projet est de transformer les données en politiques publiques, les politiques en réformes concrètes et les réformes en opportunités économiques pour les femmes commerçantes. Il s’agit de construire les bases d’un commerce transfrontalier plus inclusif, mieux documenté et pleinement intégré aux objectifs de la ZLECAf. »
Par son approche fondée sur les données, l’inclusion économique et les partenariats, le projet DA18 ouvre une nouvelle étape dans les efforts visant à rendre la ZLECAf plus accessible aux acteurs économiques de terrain, en particulier aux femmes qui assurent une part essentielle des échanges commerciaux régionaux.
En clôturant les travaux, Jean Luc Mastaki Namegabe a invité les partenaires à maintenir la dynamique engagée : « Lorsque les femmes commerçantes franchissent une frontière dans de meilleures conditions, c’est toute l’Afrique centrale qui progresse. En investissant dans leur autonomisation économique, nous investissons dans l’intégration régionale, la résilience de nos économies et la réussite de la ZLECAf. »


















