Ce 12 juin 2026, la Commission économique pour l’Afrique (CEA), à travers son Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale, a procédé au lancement officiel du projet Development Account 18 (DA18), intitulé « Améliorer le commerce transfrontalier impliquant les entreprises informelles détenues par des femmes en Afrique ».
Mis en œuvre au Cameroun, en République centrafricaine, au Gabon et en Guinée équatoriale, ce projet vise à renforcer les capacités des femmes commerçantes transfrontalières, améliorer leur accès aux opportunités économiques créées par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et contribuer à la formalisation progressive d’un secteur qui demeure essentiel pour les économies locales et l’intégration régionale.
Les résultats de l’étude, « caractérisation du commerce transfrontalier informel en Afrique centrale : cas de la zone des trois frontières Cameroun-Gabon-Guinée Equatoriale » menée par la CEA montrent que les femmes représentent 67 % des opérateurs du commerce transfrontalier informel. Elles assurent également 61 % des activités d’exportation, faisant d’elles les principales animatrices des flux commerciaux transfrontaliers dans cet espace économique.
Plus remarquable encore, 84 % d’entre elles exercent à leur propre compte, témoignant d’un important potentiel entrepreneurial. Les difficultés auxquelles font face les commerçantes demeurent considérables. Selon l’étude, 71 % des opérateurs déclarent ne pas maîtriser les procédures commerciales et douanières qui régissent leur activité.
À cela s’ajoutent les coûts élevés des formalités frontalières, les paiements informels, les restrictions de mobilité et un accès limité aux financements. Dans son allocution d’ouverture, le Directeur du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale, Jean Luc Mastaki Namegabe, a souligné que la réussite de la ZLECAf dépendra de la capacité des pays africains à intégrer pleinement les acteurs économiques qui font vivre les échanges quotidiens aux frontières.
« Les femmes commerçantes transfrontalières contribuent de manière décisive aux revenus des ménages, à la sécurité alimentaire et à la résilience économique de nos communautés. Pourtant, elles continuent d’exercer leurs activités dans un environnement marqué par de multiples contraintes. Ce projet ambitionne de transformer les frontières en espaces d’opportunités, de confiance et de prospérité partagée. »,a-t-il indiqué.
Le webinaire de lancement a réuni les Coordonnateurs résidents du système des Nations Unies au Cameroun, en République centrafricaine, au Gabon et en Guinée équatoriale, plusieurs agences, fonds et programmes des Nations Unies, notamment ONU Femmes, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et ONU Commerce et Développement (CNUCED) et les directeurs ou représentants des divisions du siège de la CEA.



















