Cette session a réuni des acteurs des secteurs public et privé afin d’identifier des actions concrètes pour mobiliser des investissements à grande échelle en faveur des Objectifs de développement durable (ODD). Les échanges ont porté notamment sur les mécanismes de financement mixte, les instruments de dette innovants ainsi que sur le renforcement des pipelines de projets structurants et bancables capables d’attirer des capitaux privés.
Les discussions ont mis en évidence la nécessité de dépasser les initiatives fragmentées pour évoluer vers des approches coordonnées, structurées et investissables, permettant d’accélérer de manière tangible la mise en œuvre des ODD au cours des 12 prochains mois.
Ouvrant la session, Directrice du Bureau de la CEA pour l’Afrique de l’Ouest, Ngone Diop, a souligné les contraintes fiscales croissantes auxquelles font face les économies africaines et l’urgence d’adopter de nouvelles approches de financement. « La réduction de l’espace budgétaire en Afrique limite de plus en plus la capacité des pays à financer le développement durable. Nous devons impérativement renforcer les solutions de financement innovantes et les partenariats public-privé afin de mobiliser les investissements et d’accélérer la réalisation des ODD sur le continent. », a-t-il déclaré.
Replaçant ces enjeux dans leur contexte macroéconomique, Soumaya Iraqui, chef de section au Bureau sous-régional pour l’Afrique de l’Ouest de la CEA, a attiré l’attention sur le durcissement des conditions budgétaires dans la région : « L’espace budgétaire en Afrique de l’Ouest s’est fortement resserré entre 2020 et 2025, passant de 36 % à près de 50 % du PIB. La dette extérieure représente désormais plus du quart du PIB, ce qui en fait non seulement un défi macroéconomique, mais aussi une contrainte structurelle au financement du développement durable. »
Elle a souligné que ces dynamiques renforcent l’urgence de développer des solutions de financement innovantes et de consolider les partenariats afin de libérer des trajectoires d’investissement durables et attractives pour la réalisation des ODD.
Dans ce contexte, la session a particulièrement mis en exergue les initiatives d’échanges dette-climat et dette-développement social en Afrique de l’Ouest, actuellement en cours de mise en œuvre au Sénégal, en Gambie et au Ghana. L’approche portée par la CEA, en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers, vise à accompagner ces pays dans la structuration d’opérations crédibles et bancables, reposant sur une analyse approfondie de la soutenabilité de la dette, l’identification de projets d’investissement à fort impact, ainsi que la mobilisation coordonnée des créanciers et des investisseurs.
Ces mécanismes offrent des perspectives concrètes pour élargir l’espace budgétaire, réduire le coût du capital et financer des investissements structurants en faveur du climat et du développement social.
La session a également mis en évidence que le financement mixte, les mécanismes de partage des risques et l’amélioration de la préparation des projets constituent des leviers essentiels pour mobiliser les capitaux privés et combler le déficit de financement des ODD en Afrique.
Les participants ont convenu que le renforcement de la coordination entre institutions publiques, acteurs du financement du développement et secteur privé sera déterminant pour transformer les initiatives prometteuses en solutions bancables, capables de générer des impacts rapides e et à grande échelle. Cette session s’inscrivait dans le cadre du Forum du secteur privé du FRADD12, placé sous le thème « Aller plus vite : renforcer les partenariats avec le secteur privé pour accélérer les ODD en Afrique ».
Avec la Section de la communication de la CEA



















