Cette situation est consécutive aux bonnes performances budgétaires affichées actuellement par le pays.
Comme dans la plupart de pays de la zone CEMAC les bonnes performances budgétaires que présente actuellement le Gabon sont dues à deux principaux facteurs. Il s’agit en premier lieu de la mise en des programmes avec le FMI, mais également un environnement économique global plus favorable qui leur a permis d’engranger davantage de recettes pétrolières (+952 Mds FCFA entre 2017 et 2018, soit +51,8 % sur un an).
Au Gabon, des progrès notables ont été enregistrés dans le cadre de l’objectif relatif à l’équilibre des finances publiques. En effet, le déficit des finances publiques s’est nettement réduit en partant de -6,6% du PIB en 2016 à -3,4% du PIB en 2017, puis -1,4% en 2018. Il est anticipé autour de +1% du PIB en 2019. Ce résultat traduit les efforts conjugués de mobilisation des ressources et de maitrise des dépenses.
Concernant la dette, il importe de souligner que les autorités ont volontairement décidé d’améliorer la transparence dans les statistiques de ses engagements en changeant la méthodologie de comptabilisation.
C’est ainsi que depuis 2017, l’encours de la dette intègre désormais les « arriérés ». Ce qui s’est traduit par une augmentation du stock de la dette de l’Administration centrale qui a atteint près de 64% du PIB à fin 2016 (en deçà du seuil communautaire). Les chiffres ainsi présentés faisaient ressortir une progression de 30 points du PIB par rapport à 2013 (année précédant le choc des prix du pétrole).
Cette augmentation s’explique par la prise en compte des éléments non intégrés jusque-là, notamment le retraitement des remboursements de TVA, les instances du Trésor et les avances statutaires de la Banque centrale. Les e_orts fournis par le gouvernement permettront de ramener l’encours de la dette à 60% du PIB en 2019.
L’état d’avancement du chantier de mise en place des stratégies d’apurement des arriérés intérieurs a amené le Gabon à créer le « septième Club de Libreville ». Par ailleurs, un audit est actuellement en cours pour donner plus de lisibilité sur les arriérés des dépenses au titre des exercices budgétaires 2015, 2016 et 2017. Conséquences, le réendettement rapide du pays à l’instar de ses pays qui, jusqu’en 2016, représentait une limite aux investissements dans l’amélioration des infrastructures publiques semble aujourd’hui maîtrisé.
La trajectoire du pays et du Congo s’est inversée. Mais quatre pays de la zone sont désormais soit en situation de risque élevé de surendettement (Cameroun, Centrafrique, Tchad), soit dans l’obligation de restructurer leur dette (Congo).
Cependant, l’introduction de plafonds d’endettement dans les critères des programmes du FMI, motivés par la nécessité de retrouver une trajectoire d’endettement plus soutenable, représente un frein à la reprise du secteur non-pétrolier qui avait pendant de nombreuses années été stimulé par la commande publique.






























