L’une des grandes décisions issues du Conseil de ministres tenu ce 13 juin 2019, présidé par le président de la République, Ali Bongo reste sans conteste, la fusion de la Société Gabonaise de Raffinage (SOGARA) et la Société national de hydrocarbures, le groupe Gabon Oil Company (GOC).
Cette décision, expliquent les observateurs des questions pétrolières, devrait permettre à l’Etat de se repositionner sur les segment du raffinage, après plusieurs années d’atermoiements. Après plus d’un demi-siècle d’activités, la SOGARA, l’unique raffinerie du pays fait péniblement face à son destin. Elle peine aujourd’hui à s’arrimer aux nouvelles réalités qui s’imposent dans le secteur du raffinage. Et depuis lors, elle n’a de cesse d’enregistrer des contre-performances.
A la fin de l’année 2018, ses difficultés se confortées. La raffinerie a, une fois de plus, enregistré une baisse 4%du volume de brut traité. Une situation imputable aux arrêts techniques de l’outil de production. Ainsi, le volume de brut traité s’est établi à 779 951 tonnes métriques contre 812 611 tonnes métriques en 2017.
Désormais incapable de satisfaire la demande locale, la société a été contrainte de recourir aux importations des produits pétroliers (gasoil, butane, essence et kérosène). Ces transactions réalisées avec Gabon Oil Marketing (GOM) ont atteint un volume de 408 157 tonnes métriques contre 254 432 tonnes un an auparavant, soit une augmentation de 60,4%.
Sur le plan commercial, les ventes des principaux produits pétroliers raffinés sur les marchés domestiques et extérieurs ont globalement régressé en 2018, à l’exception du turbine fuel 1 et du kérosène à l’export qui ont enregistré de très fortes hausses (respectivement +276,9% et +46,1%).
Aujourd’hui, la Sogara dont la mission était de traiter et transformer lors de sa création en 1964, par plusieurs États africains n’est plus en mesure de l’accomplir. Aujourd’hui détenue par l’État gabonais, Total et d’autres opérateurs, elle accumule les pertes et son volume de brut traité ne cesse de dégringoler.
Le salut par la fusion?
Régulièrement accusée d’intervenir dans certains champs d’actions, attributions bref, de marcher sur ses plate-bandes de la Sogara, la Gabon Oil Company voit ainsi ses actions officialisées par l’Etat. Cette décision vient donc mettre fin au conflit de compétence qui couvait entre service commercial, la Gabon Oil Marketing (GOM) et la Sogara.
Pour rappel, la GOC a été créée en 2011 sur les cendres de l’ancienne Société nationale des hydrocarbures du Gabon (SNHG). Elle a, entre autres missions de renforcer le rôle de l’Etat dans le domaine stratégique des hydrocarbures afin de tirer le meilleur profit de l’énorme potentiel pétrolier dont regorge le pays.
De manière globale, l’entreprise est chargée de détenir, gérer et prendre la participation, au nom de l’Etat, dans toutes les activités liées à la recherche, l’exploration, la production, la distribution, le transport, le stockage, la commercialisation et le raffinage.
En prenant des parts dans diverses activités, l’entreprise multiplie les poches de dividendes qui constituent des devises importantes pouvant être utilisées pour le financement de divers projets.






























