Le Tchad, à l’instar des autres pays de la CEMAC, fait face à la lancinante équation de la masse salariale par rapport aux recettes budgétaires.
Ainsi, pour juguler cette situation, depuis en 2016 jusqu’au début de l’année 2018, le gouvernement a procédé à une drastique réduction à hauteur de 50 % des salaires et prestations.
En octobre 2021, du fait de l’intensification des tensions sociales, les autorités et les syndicats ont signé un pacte social de trois ans en vertu duquel d’ici à juillet 2022, les autorités payeront les arriérés accumulés entre 2016 et 2020.
En 2021, les dépenses supplémentaires sont estimées à 13,3 milliards de FCFA (0,2 % environ du PIB non pétrolier). Compte tenu de l’importance de la maîtrise de la masse salariale, les services du FMI et les autorités se sont mis d’accord sur des réformes qui se traduiraient par un ajustement de l’ordre de 1 % du PIB non pétrolier.
Il s’agira d’établir et mettre en œuvre un comité de pilotage chargé de suivre le nombre et la solde des employés de la fonction publique.
En outre, il faudra définir et mettre en œuvre, un plan d’action visant à maîtriser la masse salariale, avec le concours du système intégré de gestion des finances publiques (SIGFIP).
Il s’agira aussi d’assainir la base de données sur la solde ; d’établir des plafonds d’emplois, conformément aux dispositions de la loi organique relative aux lois de finances de 2014 afin de préparer le budget 2023 (repère structurel à la fin août 2022) et enfin, de procéder à un examen fonctionnel qui permettrait de mieux maîtriser la masse salariale.
En 2021, les autorités ont achevé un recensement biométrique des fonctionnaires, afin de mieux gérer la base de données sur la paie. Ce qui constituait une étape essentielle, pour maîtriser la masse salariale. Ces efforts avaient pour but d’apurer les arriérés intérieurs qui devraient donc se poursuivre.
Dans ce droit fil, un audit achevé en décembre 2019 estimait que les arriérés représentaient de l’ordre de 515 milliards de FCFA (soit 9,7 % du PIB non pétrolier).
Dans le cadre de la stratégie d’apurement adoptée en janvier 2020, les autorités ont apuré 149 milliards de FCFA d’arriérés intérieurs (2,8 % du PIB non pétrolier). Un accord a ainsi été conclu avec des banques, qui a permis d’apurer 70 milliards de FCFA sous forme de prêts bancaires. En outre, 79 milliards de FCFA ont été payés à l’aide de ressources du Trésor.
Pour 2021, les autorités avaient prévu d’apurer 85 milliards de FCFA d’arriérés intérieurs comme suit : 25 milliards de FCFA en émettant des obligations du Trésor après la fin du mécanisme de reconduction et ii) 60 milliards de FCFA à l’aide de ressources du Trésor, dont 17 milliards de FCFA provenant de l’allocation de DTS.
Le succès de la stratégie d’apurement des arriérés devrait donc contribuer à réduire les vulnérabilités du système bancaire et faciliter la reprise économique. Une partie de l’allocation de DTS servira également à apurer d’autres arriérés dus à des retraités.



















