La Banque mondiale vient de dresser un constat bien terne, des performances de son portefeuille au Gabon. C’était à la faveur de la revue conjointe du portefeuille des projets financés par l’institution au pays.
Cette activité qui s’est déroulée du 4 au 5 avril 2019 aura permis à Alice Ouedraogo, la représentante résidente de cette institution au Gabon, de dresser un aperçu rétrospectif des chantiers de son institution sur les dernières années dans le pays, avant d’indiquer les perspectives.
« Depuis quatre décennies, la Banque mondiale soutient le développement économique et social du Gabon, en finançant des projets dans divers secteurs. Le volume de nos opérations au Gabon s’est substantiellement accru ces dernières années et l’approbation récente d’un appui budgétaire par notre conseil d’administration vient encore conforter ce partenariat avec le Gabon », a indiqué Alice Ouedraogo.
Dans ses propos introductifs, Mme Ouedraogo a également présenté les enjeux de cet exercice, qui selon elle, permettra d’évaluer les performances de ce portefeuille grandissant.
En effet, le portefeuille de la BM a considérablement évolué ces dernières années au Gabon. Il est passé de 2 à 9 projets depuis 2012, avec un montant global qui est passé de 68 à 481,6 millions de dollars. A cela s’ajoute le second appui budgétaire approuvé en mars dernier, par le conseil d’administration de la Banque mondiale, pour un montant de 200 millions de dollars, déjà décaissé.
Pour la représentante de la BM au Gabon, « En intervenant dans des secteurs aussi divers que l’énergie, l’environnement, l’éducation, les infrastructures ou encore les nouvelles technologies de l’information et de la communication, nous voulons marquer notre engagement auprès du Gabon pour une réduction substantielle de la pauvreté à travers un taux de croissance soutenu et inclusif ».
Revenant sur l’appui de la Banque mondiale au Gabon, Mme Ouedraogo a souligné qu’il revêtait une importance indéniable dans la perspective de l’atteinte de l’objectif global du PSGE, à savoir un Gabon émergent à l’horizon 2025.
En outre, cette revue pose également les balises de la préparation de la stratégie du nouveau cadre de partenariat Banque mondiale – Gabon qui couvrira les cinq années à venir.
Un constat en deçà des attentes
Au cours de cette récente revue, plusieurs constats ont été fait. Le premier révèle que les performances du portefeuille restent en deçà de la moyenne, compte tenue de l’âge du portefeuille qui est de trois ans et quatre mois. En effet, le taux de décaissement effectif pour l’année fiscale 2018 était de 21% au 30 juin 2018, alors qu’il n’est que de 3% a’ trois mois de la fin de l’année fiscale.
Le second constat est qu’il n’y a pas eu d’amélioration, mais plutôt une détérioration de la performance du portefeuille, depuis la dernière revue. Les problèmes que nous avions clairement identifiés demeurent, et se sont mêmes amplifiés. Une situation qui ne plaide malheureusement pas en faveur d’une augmentation du volume des engagement de l’institution au Gabon.
Néanmoins, l’objectif global de cette revue est d’une part, de réfléchir aux actions permettant d’améliorer la performance du portefeuille par l’adoption de mesures à court et moyen terme, et d’autre part d’identifier les critères et indicateurs pertinents d’évaluation des unités de mise en œuvre des projets.
Car, elle constitue l’occasion de porter un regard objectif sur l’ensemble du portefeuille et de convenir d’actions fortes, courageuses et réalistes. La mise en œuvre effective de ces actions devrait permettre de résoudre les problèmes transversaux déjà identifiés tels que les retards dans la passation de marchés, la mise en place tardive des fonds de contrepartie, le retard dans la levée des conditions des décaissements ou encore la non mise en œuvre des mesures de sauvegarde sociale et environnementale.
Raison pour laquelle, au terme de cette revue, il s’avérait hautement important que les deux parties fassent des propositions de solutions concrètes en vue d’améliorer raisonnablement la performance de ce portefeuille. Cela, afin de se donner les moyens d’atteindre l’objectif final qui est de réduire la pauvreté et promouvoir la prospérité partagée pour un Gabon Emergent à l’horizon 2025.
La Banque mondiale a enfin réitéré sa disponibilité à accompagner les efforts du Gabon dans la mise en œuvre du plan d’action qui sera défini à l’issue de cette revue.
Alexandre Le-grand






























