La perte de terrain de la France dans le cadre des échanges avec la zone CEMAC, résulte à la fois de la montée en puissance des pays émergents mais également des nouvelles ambitions de certains pays européens sur le continent africain.
Les positions françaises sont contestées jusque sur les marchés sur lesquels elle détenait jusqu’alors un fort avantage comparatif (agroalimentaire, produits pharmaceutiques, machines et véhicules, etc.).
L’exemple des produits pharmaceutiques est probablement le plus symbolique. En moins de vingt ans, les ventes de médicaments génériques à bas coûts – voire, dans certains cas, contrefaits – produits en Chine ou en Inde ont quasiment rejoint celles des laboratoires français. La part de marché de ces derniers a ainsi fondu de près de 80 % en 2000 à environ 50 % en 2017.
En 2018, les ventes de produits pharmaceutiques ont enregistré la plus forte baisse (-26,3 M EUR, soit -13,8 %) et cèdent ainsi leur première place au classement des produits les plus exportés par la France.
Le recul des positions françaises est tout aussi spectaculaire sur les postes « Machines et matériel de transport » et « Produits alimentaires et boissons ». Dans le premier cas, la forte progression des importations de machines et d’équipements industriels depuis la Chine, largement composés de produits liés à la construction et aux infrastructures, reflète l’offensive du pays sur les marchés de travaux publics en Afrique centrale.
Dans le cas des produits alimentaires, le repli illustre principalement la perte de terrain des acteurs français dans la fourniture de céréales (concurrence de la Russie et de la Turquie).
Au total, la part de marché de la France poursuit sa baisse quasi continue depuis 2000 et atteint en 2017 son plus bas niveau historique (11,8 %). En parallèle, celle de la Chine est passée de 2,3 % à 14,6 %.
Alexandre Le-grand































