Malgré quelques légers éclaircis, la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est loin d’être tirée d’affaire face à la crise de la Covid – 19. C’est ce que décrit le Fonds monétaire international (FMI), dans son récent rapport de services, sur les politiques communes à l’appui des programmes de réforme des pays de ladite sous-région.
La mission conduite par Toujas-Bernaté s’est déroulée virtuellement du 29 avril au 20 mai 2021. Au terme de celle-ci, l’équipe des services du FMI a indiqué ses inquiétudes, face l’impact durable que pourrait causer la pandémie sur le potentiel de croissance de la sous-région, déjà restreint par des problèmes structurels, de gouvernance et de transparence.
Parallèlement, les experts du Fonds ont confirmé l’atténuation des retombées économiques négatives, grâce aux mesures prises par les autorités nationales et régionales en 2020.
Ce qui ne les a pas pour autant empêché de mentionner que, la sous –région a toutefois connu une grave récession en 2020. Laquelle récession a été à l’origine du creusement des déficits budgétaires et extérieurs, ainsi que de l’encours de la dette publique. Une situation qui a entraîné des problèmes de sa viabilité pour certains pays.
En outre, souligne l’équipe du FMI, «la région est de plus en plus contrainte d’arbitrer entre stabilité intérieure et extérieure. Ce du fait que ses réserves de change ont fortement diminué entre mi-2020 et mars 2021. Mais qu’à cela ne tienne, les experts du FMI font remarquer qu’une reprise modérée de la croissance économique est attendue à partir de 2021.
Dans le même temps, la constitution de réserves internationales devrait être plus lente qu’avant la pandémie. Car, à 4,8 milliards d’euros, le financement extérieur total sur la période 2021–23 est inférieur à ce qu’il fut dans le passé.
Toutefois, prévient l’équipe de services, « Ces perspectives très incertaines dépendent de l’évolution de la pandémie et des campagnes de vaccination ». De plus, les autres risques notables constituent un retard dans la mise en œuvre de programmes appuyés par le FMI en cours ou éventuels. Il s’agit entre autres des difficultés à couvrir les besoins élevés de financement extérieur, ainsi que les cours du pétrole et une dégradation possible de la situation sécuritaire.
Face à toutes ces pesanteurs, les services du FMI préconisent quatre solutions. La première porte sur la mutation radicale et profonde des politiques économiques de la région. Car, selon le Fonds, « les institutions régionales et les autorités nationales devraient à radicalement transformer la région. Cela, en déployant de toute urgence, des réformes dans les domaines des finances publiques, de la gouvernance, de la transparence et du climat des affaires, qui jetteront les bases d’une croissance diversifiée, inclusive et pérenne ».
Le second levier à activer est relatif à la politique monétaire de la BEAC. Pour le FMI, « elle devrait être calibrée pour soutenir la position extérieure affaiblie de la région, adapter la gestion de la liquidité pour absorber l’excédent de liquidité bancaire et renforcer la transmission de la politique monétaire, et favoriser le développement du marché interbancaire ».
En troisième lieu, le FMI appelle la BEAC à poursuivre la mise en œuvre intégrale de la réglementation des changes et à amener les secteurs extractifs à la respecter d’ici fin 2021.
Pour la quatrième et dernière option, le FMI orient vers le redressement du crédit. Selon ses experts, « si celui-ci venait çà se confirmer, et que les conditions de stabilité financière le permettent, la COBAC devrait, d’ici fin 2021, mettre fin à l’assouplissement temporaire des mesures prudentielles adoptées en 2020, pour amortir l’impact de la crise sur le secteur financier ».



















