Réunis à Yaoundé au Cameroun, du 7 au 8 mars dernier, dans le cadre du débat ministériel du 3ème Comité technique spécialisé (CTS) de l’Union africaine sur les finances, la gestion monétaire, la planification économique et l’intégration, les ministres des finances, de l’économie et de l’intégration de l’Union africaine ont dressé le constat d’une croissance africaine contre-productive au cours des deux dernières décennies.
Axé sur le thème « Politiques publiques pour une transformation productive », cette rencontre a permis de faire un diagnostic sans complaisance de la question de la transformation productive sont plus que jamais d’actualité et qu’il est urgent de trouver des solutions. Premièrement, les défis et les faiblesses des économies du continent persistent depuis très longtemps en raison de leur extraversion excessive.
En effet les participants, le continent a connu une forte croissance économique au cours des deux dernières décennies. Cependant, cette performance de croissance n’a pas conduit au développement des secteurs manufacturiers et n’a pas créé suffisamment d’emplois décents.
Compte tenu de la forte croissance démographique actuelle composée de soixante-dix pour cent (70%) de jeunes, le continent doit créer plus de douze (12) millions d’emplois par an pour empêcher la hausse du chômage.Le secteur industriel devrait être au cœur du processus de transformation tout en tenant compte des complémentarités existantes avec le secteur agricole et les services.
Les pays devraient adopter des mesures visant à diversifier leur production et leurs exportations en favorisant le développement de l’économie bleue et en tirant parti des possibilités offertes par la perspective de la numérisation sur le continent.
Dans ce contexte, il est à noter que ce Comité technique spécialisé se déroule dans un contexte en pleine effervescence avec les signatures et ratifications des instruments juridiques de la Zone de libre -échange continentale.
L’opérationnalisation des institutions financières panafricaines, à savoir la Banque centrale africaine, le Fonds monétaire africain, la Banque africaine d’investissement et la bourse panafricaine, dotera le continent d’institutions fortes et crédibles lui permettant de parvenir à l’autosuffisance et de mettre en œuvre les stratégies pour une transformation productive du continent.
Les discussions tenues tout au long de la réunion ont conclu en soulignant que les pays africains peuvent améliorer leur capacité à tirer le meilleur parti de la richesse des ressources naturelles du continent en investissant dans le processus de transformation productive grâce à l’utilisation de nouvelles technologies et de nouvelles méthodes de transformation des produits manufacturés.
Ces processus conduiront au développement de nouveaux produits et d’activités à plus forte valeur ajoutée ; et créant ainsi des emplois mieux rémunérés dans les secteurs productifs.
À cet égard, des stratégies de transformation productive fondées sur les avantages comparatifs existants permettront à nos économies de créer des opportunités économiques pour les jeunes Africains entrant sur le marché du travail et, partant, de promouvoir la réduction de la pauvreté.
Pour atteindre cet objectif crucial d’accélération du processus de transformation productive en Afrique. Par ailleurs, le rapport sur les résultats du CTS sera soumis à la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine en juillet 2019.
Alexandre Le – grand































