Le e-commerce peine à trouver un modèle adapté aux réalités de l’Afrique centrale. Malgré les nombreux projets lancés par différents investisseurs, cette nouvelle approche commerciale électronique, pratiqué par l’intermédiaire du réseau Internet, peine à se développer et à dépasser le stade des solutions locales et du circuit informel.
Au classement de la CNUCED sur la pratique du e-commerce, le Gabon, premier pays d’Afrique centrale, se classe ainsi à la 106ème place sur 152 pays en 2019. Le Cameroun, classé 101ème en 2018, perd 16 places en 2019 et se classe 117ème, en raison notamment de l’arrêt des activités de Jumia.
Cette plateforme, active dans le pays depuis 2013, aurait annoncé comme motif de son départ, l’immaturité du marché camerounais en matière de e-commerce. Le départ de Jumia, symbole de la perte de vitesse du circuit formel du e-commerce en Afrique centrale, survient trois ans seulement après celui de Cdiscount.
Le site français de e-commerce, appartenant au groupe de grande distribution Casino, avait lancé ses activités au Cameroun en décembre 2014 avant d’y mettre un terme en 2016 au motif des longs délais de passage des marchandises au port de Douala – qui avait connu à cette époque une longue période de congestion –, ainsi que la concurrence farouche que lui livraient alors des sites locaux proposant des produits contrefaits ou bas de gamme, à très bas prix.
Les autres pays d’Afrique centrale occupent le bas du classement de la CNUCED : Congo 147ème, RDC 148ème, Tchad 151ème. L’activité de e-commerce semble donc se développer davantage sur les plateformes informelles des réseaux sociaux (Facebook, Instagram, etc.), créant une concurrence à l’activité formelle.































