L’agence de notation souveraine Moody’s vient d’attribuer la note Caa1 assortie d’une perspective positive, au Gabon.
Deux faits caractérisent cette notation. D’une part, la dette publique reste modérée, mais l’accessibilité financière s’est considérablement détériorée. D’autre part, la diversification économique se poursuit, mais à un rythme lent.
Pour Moody’s, le profil de crédit du pays (positif en Caa1) reflète sa dépendance à l’égard du pétrole pour la croissance, les exportations et les recettes publiques, ainsi que sa très faible force institutionnelle, a déclaré Moody’s Investors Service dans un rapport annuel le 07 juillet 2020.
Dans son analyse, l’agence de notation révèle que la baisse des prix du pétrole en 2020 au milieu de la crise des Coronavirus contrecarrera les efforts d’assainissement budgétaire du gouvernement, soutenus par le programme du FMI du pays.
« Le rétablissement de la santé du bilan du gouvernement du Gabon prendra du temps », a déclaré Lucie Villa, vice-présidente de Moody’s – agente principale de crédit et auteur du rapport. En outre, poursuit-elle, « La liquidité du gouvernement reste limitée, comme en témoignent les arriérés persistants envers les fournisseurs et les créanciers nationaux ».
Dans ce cadre, Moody’s prévoit que l’économie gabonaise se contractera de près de 2% en 2020, le secteur pétrolier expliquant la majeure partie de la baisse. En effet, la crise des coronavirus a réduit la croissance économique de six points de pourcentage par rapport au potentiel de croissance du Gabon de 3%.
Néanmoins, relativise l’agence de notation, ‘’La force de crédit du Gabon comprend une richesse relativement élevée issue de 50 ans d’exploitation pétrolière. Alors que le soutien au crédit fourni par le Gabon à la zone franc CFA a diminué parallèlement avec une baisse des réserves de change de la zone. Malgré cela, le pays continue de jouer un rôle majeur, dans la stabilité macroéconomique de la zone’’.
Les perspectives positives de la notation reflètent également les premiers signes d’un relâchement de la pression de liquidité, reflétée par la non-accumulation d’arriérés de paiement de la dette depuis avril 2019, soutenue par des améliorations institutionnelles dans la gestion de la dette.
L’opération de refinancement de 750 millions de dollars du gouvernement sur son euro-obligation à amortissement 2024 après l’émission d’une euro-obligation de 1 milliard de dollars en février soutiendra la liquidité.
Par ailleurs, Moody’s pourrait améliorer la notation si le gouvernement semble susceptible de rester à jour sur tous ses paiements de dette tout en poursuivant ses efforts pour réduire les arriérés envers les fournisseurs de biens et services et équilibrer son budget dans l’ensemble.
À l’inverse, les perspectives pourraient redevenir stables ou la notation pourrait être abaissée en cas de pressions négatives marquées, par exemple si le gouvernement accumulait de nouveaux arriérés de dette extérieure ou ne maintenait pas sa trajectoire d’assainissement budgétaire. Dans un tel scénario, les pressions de liquidité persisteraient et pourraient même s’intensifier avant les échéances des euro-obligations à partir de 2022.






























