Une analyse de l’économie tchadienne met en évidence, la prépondérance du secteur pétrolier.
En effet, l’économie tchadienne reste largement dépendante de la production de pétrole (20 % du PIB et plus de 80 % des exportations de biens en 2019) débutée en 2003. Le secteur a ainsi permis au pays de connaître une période de croissance rapide jusqu’en 2014 (taux de croissance annuel moyen de 13,7 %).
Avec un PIB estimé à 6 406 Mds FCFA (soit 9,8 Mds EUR) en 2019, le Tchad est la cinquième économie de la CEMAC (12 % du PIB total) derrière le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Congo.
Au cours des dernières années, l’économie tchadienne a subi un double choc exogène : la montée de l’insécurité dans les pays voisins et la crise des matières premières en 2014. Après deux années de forte récession en 2016 et 2017 (respectivement -5,6 % et -2,4 %), le Tchad a renoué avec une croissance positive à partir de 2018 (+2,3 %) grâce à la remontée des cours et à un rebond de la production plus fort qu’attendu.
L’activité pétrolière devrait rester dynamique à moyen terme grâce à la mise en exploitation progressive de nouveaux gisements et de nouvelles techniques extractives. Malgré l’impact de la crise sanitaire sur l’activité économique mondiale et sur les prix du pétrole, l’économie tchadienne devrait mieux résister (-0,8 % en 2020) que l’Afrique subsaharienne dans son ensemble (-3,2 %). Un rebond de la croissance à 6,2 % est attendu en 2021 sous l’effet d’une progression du secteur pétrolier de près de 20 %.
Le secteur agricole, dont principalement la culture de céréales, l’élevage et la collecte de gomme arabique, représente 43 % de l’économie tchadienne. Le développement de ces activités, très vulnérables à l’aléa climatique, reste également tributaire de l’amélioration des conditions sécuritaires.
Le secteur cotonnier connaît une embellie depuis la reprise, en 2018, de l’entreprise publique CotonTchad par le groupe Olam. La production a atteint 173 000 tonnes en 2019 soit un niveau proche des records enregistrés dans les années 1980. L’industrie manufacturière occupe une place marginale et repose essentiellement sur la production de bière et boissons gazeuses, la production de sucre, et l’égrenage du coton. Après une cimenterie chinoise, une cimenterie, financée sur capitaux marocains, a été mise en exploitation début 2019.
Le secteur tertiaire (banques, commerce, télécommunications) représentent environ 40 % du PIB. L’amélioration du climat des affaires, qui s’est sensiblement dégradé depuis le déclenchement de la crise des matières premières, constitue un autre préalable à la redynamisation de l’activité économique.
Malgré les allègements de dette accordés avec l’atteinte en 2015 du point d’achèvement de l’initiative PPTE, l’endettement public a bondi au cours des dernières années, passant de 30,5 % à 51,5 % du PIB entre 2013 et 2016 en raison principalement du prêt contracté auprès de Glencore pour financer le rachat par l’État des parts de l’américain Chevron dans le principal consortium de production pétrolière.



















