La souveraineté économique si chère au chef de l’Etat, Brice Clotaire Oligui Nguema est manifestement en marche. A preuve, en marge du sommet Africa Forward de Nairobi, les autorités gabonaises ont officialisé leur entrée au capital du groupe français Eramet, principal acteur de l’exploitation du manganèse dans le pays. Libreville cherche désormais à peser davantage sur les décisions industrielles liées à la transformation locale du minerai et au développement des infrastructures stratégiques.
L’annonce a été faite après une rencontre entre le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et la directrice générale du groupe, Christel Bories. Le montant exact de la participation gabonaise n’a pas encore été communiqué officiellement. Plusieurs observateurs du secteur minier évoquent toutefois une prise de participation proche de 5 %, ce qui placerait désormais l’État gabonais parmi les actionnaires importants du groupe, aux côtés de l’État français et de la famille Duval.
Jusqu’à présent, Libreville détenait déjà 28,9 % de Compagnie minière de l’Ogooué, principal opérateur de manganèse du pays. Avec cette nouvelle opération, le Gabon élargit désormais son influence au niveau même de la holding française. Cette décision accompagne la volonté des autorités gabonaises d’accélérer la transformation locale du manganèse. Le gouvernement prévoit de mettre fin, à compter du 1er janvier 2029, aux exportations de manganèse brut afin d’imposer une transformation industrielle sur le territoire national. L’entrée du Gabon au capital d’Eramet doit permettre à l’État de participer plus directement aux discussions portant sur les investissements industriels du groupe. Libreville souhaite notamment obtenir des garanties sur le financement d’unités de transformation métallurgique destinées à traiter localement le minerai extrait dans le pays.
Les discussions portent également sur la modernisation du Setrag, l’opérateur du chemin de fer Transgabonais contrôlé par Eramet. Cette infrastructure reste essentielle pour l’acheminement du manganèse extrait à Moanda vers les installations portuaires du pays. Le gouvernement gabonais considère ce réseau ferroviaire comme un élément central pour soutenir la hausse des capacités industrielles attendue dans les prochaines années. Des investissements supplémentaires sont envisagés afin d’améliorer le transport des minerais et de réduire les contraintes logistiques qui affectent régulièrement la chaîne de production.
Cette prise de participation confirme également la volonté des autorités gabonaises d’accroître leur présence dans les secteurs stratégiques de l’économie nationale. Après le rachat des actifs d’Assala Energy dans le secteur pétrolier, l’État gabonais poursuit son repositionnement dans les industries extractives, avec l’objectif de peser davantage sur les décisions industrielles et financières liées à l’exploitation des ressources naturelles du pays. Le manganèse gabonais demeure l’un des principaux actifs d’Eramet à l’échelle mondiale et représente une part importante des activités du groupe minier français.
Avec LSI AFRICA


















