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Accueil Coopération

Républiques du Congo : Théodore Ikemo décline les contours de la nouvelle stratégie de la dette publique

La 2ème réunion du Comité national de la dette publique (CNDP)s’est tenue le 26 novembre 2021 au ministère des Finances à Brazzaville, conformément à la loi organique n°36-2017 du 3 octobre 2017, relative aux lois de finances, qui dispose, en son article 56 alinéa 3, que la loi de finances de l’année devrait être accompagnée de la Stratégie d’endettement public.

SC par SC
décembre 2, 2021
dans Coopération, Développement, Economie, Finances, Finances Publiques, Gouvernance, La Une
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Le Directeur général de la CAA, Théodore Ikemo.

Le Directeur général de la CAA, Théodore Ikemo.

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Le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Rigobert Roger Andely a présidé les travaux de la 2ème réunion du Comité national de la dette publiqu. Cette rencontre a également vue la participation de sa collègue de l’économie, du Plan, de la statistique et de l’intégration régionale) et vice-présidente du CNDP, Ingrid  Olga Ghislaine Ebouka-Babackas

Cette rencontre avait pour but d’examiner la nouvelle stratégie de la dette publique qui accompagnera la Loi de finances 2022. En outre, elle est intervenue dans un contexte économique marqué par l’élaboration du Programme d’action du gouvernement, dans le cadre d’un Plan national de développement (PND 2022-2026), qui requiert d’importantes mobilisations de ressources d’emprunt.

Au terme des travaux, le Directeur général de la Caisse congolaise d’amortissement (CAA), Théodore Ikemo est revenu sur les grandes décisions issues de cette rencontre.

Pouvez-vous nous décliner le contenu de la nouvelle Stratégie de la dette publique que vous avez examinée ?

Théodore Ikemo : Le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public a instruit que l’Etat congolais doit avoir un endettement de qualité. Cela veut dire qu’il faudrait que la dette publique soit payable, en temps réel, sans accumuler des arriérés.

Nous avons d’abord examiné la structure de notre dette : comment est-elle composée ? Comment est-elle répartie entre la dette extérieure et la dette intérieure ? A l’intérieur de la dette extérieure, comment la dette publique est-elle répartie entre les différents créanciers (c’est-à-dire les Etats, les organismes internationaux ou ce qu’on appelle les multilatéraux ; la dette privée, c’est dire les commerçants, les banques privées). Ensuite, à l’intérieure de cette dette extérieure, comment la dette publique est-elle répartie entre devises (dollars, euros, yens, yuans et autres) ?

Nous avons constaté que lorsque nous contractons une dette en dollars fluctueux, cela donne un risque de fluctuation de taux. Ainsi, la dette contractée en dollars est plus forte que la dette contractée en d’autres devises. Voilà pourquoi, pour l’avenir, il faudra faire en sorte qu’on diminue la dette consentie en dollars, qu’on diminue les vrais risques de fluctuation. C’est difficile à gérer, parce que le dollar varie tous les jours. Par contre, avec l’euro, la parité est fixe ; on la maîtrise ; il n’y a pas de soucis.

Concernant la dette intérieure, nous avons vu qu’elle a des durées de remboursement très courtes : deux, trois ans, sur des montants énormes. Cela donne beaucoup de pressions sur la trésorerie. On a beaucoup d’autres dépenses à effectuer, au lieu de payer uniquement la dette. Nous avons demandé, là aussi, qu’on fasse désormais en sorte que la dette intérieure ait des durées très longues, pour que les montant à payer annuellement soient très bas. C’est ce travail-là que nous avons fait : c’est la nouvelle Stratégie de la dette intérieure.

En résumé, sur les prêts extérieurs, on ne pourra s’endetter qu’à des conditions très douces : c’est-à-dire, à des durées de remboursement très longues et des taux d’intérêt très bas.

Sur les devises, on ne devra s’endetter que sur des devises qui ont des parités fixes, et minimiser les types de prêts sur les devises ayant des parités qui fluctuent. Sur la dette intérieure, il faudra privilégier la dette des durées assez longues de remboursement : 5,6,7 ans, au lieu de 2 ou 3 ans, comme maintenant.

Quel est le montant exact de cette dette intérieure ?

S’agissant du montant de la dette intérieure, il est difficile de le préciser, parce que cette dette fait l’objet d’un audit confié par le Ministre des Finances à deux cabinets privés : Ernst Young et Cocages. Cette dette a deux volets : dette sociale (arriérés de salaires, de pensions, de bourses) ; la dette commerciale (due aux commerçants).

On espère qu’avant la fin de l’année 2021, les deux cabinets seront à même de le fixer. Ce n’est qu’après avoir fixé ce montant qu’on pourra élaborer un Plan d’apurement sur 3,4,5,6 , voire 10 ans, selon la capacité financière de l’Etat ».

Qu’entendez-vous par dette soutenable ?

La dette soutenable sous-entend, aujourd’hui, que l’Etat a des engagements (payer les salaires, faire fonctionner l’Administration ; payer la dette publique et les bourses ; soigner les Congolais). Au vu de tout cela, et au vu des recettes que nous recevons, la dette soutenable est celle que nous pouvons payer sans accumuler des arriérés. En termes clairs, c’est celle qui est payable régulièrement, en temps réel, lorsque l’échéance tombe, sans avoir le risque d’accumuler des arriérés.

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