C’est une parfaite illustration du partage d’expertise et d’expérience Sud-Sud. Pour la conception de Libreville II, la nouvelle capitale administrative du Gabon, les autorités ont porté leur dévolu sur l’architecte sénégalais, Pierre Goudiaby Atépa. L’œuvre est portée par une équipe pluridisciplinaire dirigé par des Sénégalais.
Très honoré par ce choix porté sur lui, Pierre Goudiaby Atépa a expliqué les enjeux de ce projet. « Ce que nous lançons avec Libreville II, va bien au-delà de la construction d’une ville : nous posons ensemble les fondations d’un Gabon nouveau, ancré dans ses valeurs, tourné vers son avenir », a dit l’architecte sénégalais, le 28 mars dernier, lors de la présentation de la maquette devant les autorités gabonaises.
Un écosystème économique intégré, un levier de croissance et de transformation pour tout le pays
Selon lui, Libreville II est un concept global. Ce n’est pas seulement une ville fonctionnelle. C’est également un écosystème économique intégré, un levier de croissance et de transformation pour tout le pays. « Son modèle économique repose sur trois piliers : la décentralisation intelligente de la gouvernance, avec la concentration des institutions républicaines dans un centre administratif moderne et durable ; l’activation des pôles de croissance : cité financière, zone franche industrielle, agropoles, cité scientifique, tourisme, et logistique aérienne et l’attractivité internationale, grâce à des infrastructures aux normes mondiales et un cadre de vie exceptionnel pour les investisseurs, les talents, les chercheurs, les familles », a-t-il expliqué.
Autrement dit, souligne Pierre Goudiaby Atépa, « Libreville II est conçue pour être autofinancée dans sa phase d’exploitation, grâce à la valorisation foncière, aux partenariats public-privé et à une gouvernance urbaine autonome, numérique et transparente ».
Un impact économique, social et environnemental majeur
Le projet Libreville II charrie un impact économique, social et environnemental conséquent. Sur le plan économique, l’architecte fait savoir que Libreville II créera des milliers d’emplois directs et indirects dans les secteurs du bâtiment, de l’énergie, de la logistique, de la culture, de l’agriculture et des services. Sur le plan social, la ville favorisera la mixité, la mobilité, l’accès équitable aux services publics, et la dignité de tous.
A titre d’exemple, « Avec Iroko, nous bâtissons des logements accessibles et durables. Avec Savannah Kingdom et le Village Olympique, nous créons des espaces de joie, de fraternité et d’éducation à la paix. Sur le plan environnemental, Libreville II est une ville verte et résiliente. C’est une ville qui respire avec la nature et protège les générations futures », a relevé l’architecte.
Mais au-delà, M. Atépa note que cette nouvelle capitale administrative gabonaise aura aussi une vocation géostratégique pour l’Afrique centrale. « Libreville II n’est pas uniquement une capitale nationale. Elle est pensée comme un centre de gravité pour la sous-région CEMAC, un trait d’union entre les économies d’Afrique centrale, un hub logistique, financier, scientifique et culturel », a-t-il dit.
Ainsi, d’après lui, son aéroport, sa cité financière, son université numérique et son agropole seront au service de toute la sous-région, contribuant à la souveraineté économique, à la sécurité alimentaire, à l’intégration des peuples et à la paix durable. « Libreville II incarne l’ambition panafricaine du Gabon. Elle affirme sa place dans les grandes dynamiques de transformation du continent », a-t-il conclu.



















