Le Forum africain des Caisses de dépôt salue l’initiative lancée par le Groupe de la Banque africaine de développement visant à réformer l’architecture financière africaine, à savoir la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD). Cela, afin de mobiliser les immenses ressources domestiques pour la transformation du continent.
Réunis le 27 mai 2026 à Brazzaville, plusieurs responsables des des Caisses de dépôt ont exprimé leurs sentiments par rapport à cette initiative. Dans cette série de réactions, Angélique Nzang Nzoghe Buka Bouka, Directrice générale adjointe de la Caisse de dépôts et consignation du Gabon a relevé l’énorme potentiel dont regorgent ces institutions. « Les caisses de dépôt permettent de transformer l’épargne dormante en capital productif. La souveraineté d’un pays commence par sa capacité à mobiliser son épargne nationale pour ses investissements prioritaires », a-t-elle affirmé.
Pour sa part, Assoumane Mourjatou, la directrice générale des Caisses de dépôt et d’investissement du Niger a salué cette initiative de la Banque africaine de développement pour sa Nouvelle architecture financière africaine pour le développement (NAFAD). Laquelle vise à renforcer les mécanismes africains de financement du développement, notamment par une meilleure mobilisation des ressources domestiques, l’implication des investisseurs institutionnels et la réduction de la dépendance aux financements extérieurs, a déclaré.
Selon Mehdi Bouriss, Directeur général de CDG Capital du Royaume du Maroc – la Caisse de dépôt et de gestion -, les caisses de dépôt permettent d’investir dans des secteurs ou des espaces « où personne ne va comme les collectivités territoriales ».
L’un des défis des caisses de dépôt étant aussi la collecte de l’épargne nationale, Mohamed Marwen Fekih Salem, directeur du contrôle de gestion financière de la Caisse de dépôt et consignation de la Tunisie, a expliqué que son institution cherchait à capter les immenses ressources de la diaspora via les services postaux pour investir dans des projets structurants.
Il faut dire que cette rencontre se tenait dans le cadre d’une session parallèle organisée par le Forum africain des Caisses de dépôt à l’occasion des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement, qui se tiennent du 25 au 29 mai en République du Congo. Cette session avait pour thème le « Rôle des investisseurs institutionnels dans la nouvelle architecture financière africaine ». Les responsables des caisses de dépôt ont souligné que la NAFAD permettrait aux pays africains de disposer de plus de ressources pour relever les défis du développement.
Promue par le président du Groupe de la Banque, Dr Sidi Ould Tah, la NAFAD a été adoptée par l’écosystème financier africain le 9 avril dernier par le biais d’une déclaration dite « Consensus d’Abidjan ». Les dirigeants africains l’avaient endossé peu avant lors du Sommet de l’Union africaine tenu en février à Addis-Abeba.
La NAFAD vise à mobiliser les immenses ressources intérieures africaines pour les orienter vers le financement de projets structurants de développement tout en réduisant la dépendance aux financements extérieures. L’initiative a pour autre objectif majeur de renforcer les institutions financières africaines en réduisant la trop grande fragmentation qui les empêche de déployer des ressources conséquentes pour transformer l’Afrique. Selon la Banque africaine de développement, le déficit de financement annuel de l’Afrique s’élève à 400 milliards de dollars alors que le continent dispose d’environ 4 000 milliards de dollars d’épargne sous gestion gérés par des fonds de pension, fonds souverains, compagnies d’assurance et autres institutions financières.
Les différents responsables des caisses de dépôt africaines ont insisté sur la nécessité pour leurs institutions de disposer de cadres juridiques et règlementations solides et de les préserver des interférences politiques. De plus, celles-ci doivent préserver leurs investissements des risques.
Des représentants de plusieurs pays africains, qui ne disposent pas de caisses de dépôt, participaient à cette session pour apprendre des expériences des autres. La session servait également de partage de bonnes pratiques entre caisses de dépôt et consignation, caisses de dépôt et d’investissement ou caisses de dépôt et de gestion, selon les différentes terminologies utilisées par les pays.


















