La diversification des leviers de croissance demeure un enjeu majeur pour l’économie gabonaise. Il s’agit, selon le gouvernement, d’exploiter toutes les niches économiques à même de relancer durablement la croissance. C’est incontestablement dans ce cadre que le pays a pris part, sous la conduite du ministre du Tourisme, Pascal Ogowe Siffon, à la première édition du Salon du tourisme du littoral et de la croisière (SATOLIC), organisé du 21 au 23 novembre 2024 à Dakar.
Cet événement placé sous le thème : « Une implication prometteuse pour le développement du tourisme maritime », vise à promouvoir le potentiel touristique de la croisière en Afrique de l’Ouest, en réunissant des acteurs clés du secteur. L’initiative a également pour but de positionner l’Afrique de l’Ouest, comme une destination phare pour le tourisme de croisière.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre sénégalais du Tourisme et de l’Artisanat, Mountaga Diao, n’a pas manqué de souligner son importance stratégique. « Le Sénégal a décidé de marcher avec ses amis pour développer le tourisme de croisière et en faire un outil d’intégration », a-t-il affirmé, appelant à une collaboration sous-régionale renforcée.

Prenant la parole, le ministre gabonais du Tourisme, Pascal Ogowe Siffon, a quant à lui mis en avant, les liens historiques entre son pays et le Sénégal à travers le « tourisme mémoriel ». « Celui-ci est incarné, a-t-il rappelé, par Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie soufie des mourides, dont le lieu de déportation au 19e siècle au Gabon est visité régulièrement par les fidèles de cette forte communauté basée à Touba, au centre du Sénégal ».
Un réel chalenge
Autrement dit, ce salon a mis en amont, les atouts du Sénégal et de ses voisins (Gambie, Guinée-Bissau, Mauritanie et Cap-Vert), tout en proposant une croisière inter-Etats et des liaisons aériennes pour redéfinir le voyage dans la région. Offices de tourisme, croisiéristes, experts et autres partenaires y participent pour explorer des opportunités visant à propulser la côte ouest-africaine sur la scène mondiale du tourisme de croisière.
Selon certains participants à cette rencontre, le tourisme du littoral et de croisière se veut comme « le nouveau point de départ du tourisme africain. De par son potentiel, constitue indéniablement un levier de développement économique et d’intégration régionale ». Ce qui constitue à n’en point douter, une aubaine à exploiter pour le Gabon qui peut tirer parti de ce secteur. En tant qu’observateur, le pays a engagé des échanges avec des nations ouest-africaines dotées de littoraux dynamiques, telles que le Sénégal, la Gambie, le Cap-Vert, la Mauritanie et la Guinée-Bissau.
Ces discussions ont mis en lumière l’importance d’une gestion concertée des activités croisiéristes pour dynamiser l’économie régionale. Inspiré par les bonnes pratiques de ses homologues, le Gabon aspire à structurer son propre secteur maritime tout en respectant ses spécificités locales.

Si cette cette participation marque un pas décisif dans la stratégie nationale visant à développer un tourisme maritime durable et attractif, il ne faudrait pour autant pas perdre de vue que le tourisme classique n’est pas mieux coté au Gabon. Son développement est encore embryonnaire et sa contribution dans le PIB reste marginale et représenterait près de 4% du PIB, en dépit de son énorme potentiel et des efforts consentis par le gouvernement pour le relancer. Autrement dit, la machine coince toujours.
Pour soulager le grand malade, le ministre Pascal Ogowe Siffon compte s’appuyer sur des partenariats régionaux ainsi qu’au soutien institutionnel pour concrétiser cette ambition. Non sans louer la vision du président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema qui s’inscrit dans une démarche progressive visant à positionner le tourisme comme un outil de lutte contre la pauvreté, de développement économique pour les zones rurales ainsi qu’un instrument favorisant la conservation et la valorisation du patrimoine naturel du pays.
En effet, pour la période 2024-2026, la priorité stratégique du gouvernement est celle d’un tourisme durable pour la diversification économique afin de tirer profit du potentiel existant. L’objectif recherché est de développer une offre touristique nationale fiable et faire venir plus de 600.000 touristes chaque année d’ici à 2029. Cette vision repose sur six axes stratégiques majeurs : la rénovation du cadre institutionnel et légal du tourisme et le renforcement de la gouvernance touristique au Gabon ; la valorisation des ressources humaines ; la création d’une offre touristique de qualité ; la garantie d’un financement pérenne ; la création des Zones d’intérêts touristiques (ZIT) et enfin, le développement des infrastructures et la mise aux normes des équipements touristiques.


















