Au Gabon, le secteur des hydrocarbures représente environ 10 % du PIB, 40 % des recettes publiques et 60 % des recettes d’exportation du Gabon en 2024. Cette exposition contribue à une forte procyclicité de la politique budgétaire : les dépenses augmentent en période de boom pétrolier et s’effondrent en période de ralentissement économique, ce qui empêche l’accumulation de réserves ou des investissements soutenus.
La croissance annuelle du PIB n’a été que de 2,1 % en moyenne sur la période 2016-2024, et une modeste reprise post-COVID a été tirée par les dépenses d’infrastructure et des prix temporairement élevés du pétrole. Cette croissance modeste s’est reflétée dans une transformation structurelle et une création d’emplois insuffisantes. La trajectoire de la dette publique est particulièrement préoccupante et nécessite des mesures urgentes pour la contenir tout en préservant les investissements prioritaires et besoins sociaux.
La dette publique est estimée à plus de 80 % du PIB en 2025, ayant augmenté au cours des années récentes sous l’effet d’une politique de dépenses expansionniste, de la hausse des coûts d’emprunt, d’une croissance économique modeste et de l’identification de composantes telles que des arriérés envers les fournisseurs et de salaires exclues du périmètre d’évaluation du stock de la dette Gabonaise jusqu’en 2023.
Entre 2017 et 2024, la règle d’équilibre budgétaire de la CEMAC n’a été respectée par le Gabon qu’en une seule année, en 2019. La loi de finances initiale de 2026 prévoyait une forte augmentation des dépenses d’investissement, ce qui accroît considérablement les risques budgétaires. Conscient de ces risques, la loi de finances a été révisée, réduisant les dépenses d’investissement, et un programme soute nu par le FMI a été formellement sollicité en 2026 pour renforcer la situation budgétaire.
À l’avenir, une stratégie crédible d’assainissement des finances publiques serait essentielle pour éviter une montée rapide de la dette de manière à concilier les besoins de stabilisation de la dette et de protection des investissements prioritaires dans le capital humain et les infrastructures. Cela nécessiterait d’aligner le Plan National de Développement en Préparation (PNCD 2026-2030) sur une capacité budgétaire réaliste et contraignante. Les initiatives visant à renforcer la situation budgétaire pourraient inclure l’adoption de règles sur les plafonds d’emprunt, l’amélioration de la gestion de la trésorerie et la publication à temps des principales données budgétaires et d’endettement.


















